Tunisie : Kais Saied dit tout sur le bilan de ses 100 premiers jours

31 Jan 2020 à 15:15 Monde
Tunisie : Kais Saied dit tout sur le bilan de ses 100 premiers jours

Le président de Tunisie, Kaïs Saïed pour son premier fait d’arme solennel à la magistrature suprême a accordé son premier entretien télévisé hier jeudi 30 janvier en soirée à la chaine de télévision publique tunisienne Al Wataniya 1. Au cours de cette première sortie médiatique, Kais Saied s’est attelé à dresser le bilan de ses trois mois au pouvoir mais également, a fait un tour d’horizon sur les événements politiques en Tunisie et à l’international notamment en Palestine.

Une heure et demi durant, de son style saccadé à la « Robocop », Kaïs Saïed, 61 ans, n’a eu de cesse en répondant aux questions des journalistes de déplorer l’absence d’un nouveau gouvernement près de quatre mois après les élections et une première tentative avortée d’en former un.

Il a en outre réaffirmé qu’il n’avait aucune intention de former un parti et qu’en cas d’échec d’Elyes Fakhfakh à former un exécutif, il resterait fidèle à ses principes (universitaire, juriste spécialisé en droit constitutionnel) en « appliquant la Constitution ». Cette dernière, dans les textes, lui conférant en effet, en l’absence de gouvernement approuvé dans l’hémicycle, de dissoudre le Parlement à partir de la mi-mars.

Il a fait savoir qu’il a désigné Elyes Fakhfakh conformément selon la Constitution tunisienne en soulignant : « Je l’ai désigné selon le respect total de la Constitution et sans aucune pression ». Il a en outre ajouté que « le prochain chef de gouvernement, devrait avoir des tâches urgentes liées à l’amélioration de la situation économique et sociale et au bon fonctionnement des services publics essentiels, y compris la santé, l’éducation, l’emploi et la sécurité sociale ».

Des principaux autres sujets qu’aura abordés Kais Saied lors de son intervention télévisée, la cause palestinienne et le « deal du siècle » n’ont pas été en reste. Pour le président tunisien, le plan américano-israélien répond surtout aux attentes israéliennes en prévoyant des concessions massives (notamment l’abandon d’Al Qods) de la part des Palestiniens qui in fine ne se retrouvent qu’avec des miettes. « Ce n’est pas l’affaire du siècle mais l’obscurité du siècle. Et ce qui s’est passé est une grande trahison et non une normalisation », a-t-il déclaré.

De l’aspect sécuritaire et la lutte contre le terrorisme Kaïs Saïed n’a certes pas fait dans le satisfecit mais a néanmoins relevé des efforts en affirmant que la lutte contre le terrorisme se poursuivait : « la Tunisie a réussi les plus importantes batailles contre le terrorisme. Tout comme elle continue à le faire ». Il s’est ensuite projeté vers l’avenir en faisant savoir qu’il avait l’intention de créer une ville médicale à Reggada « Aghlabides » à Kairouan dotée de toutes les spécialités, que le projet était en voie de finalisation et que la levée des fonds était en cours.

Pour ce qui est de la jeunesse tunisienne, Kais Saied a souligné qu’il cherchait toujours par tous les moyens de répondre à leurs véritables revendications de liberté, de travail et de dignité et a demandé un sursis jusqu’à ce que la situation se stabilise au niveau des institutions de l’Etat, et en particulier l’investiture du gouvernement. Lors de cette interview, il a rassuré les Tunisiens et mis en avant des valeurs pour susciter la confiance comme l’honnêteté, la sincérité et le sens du devoir.

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