Automobile : le Maroc devrait suivre de près les tendances mondiales

03 Fév 2020 à 10:41 Automobile
Automobile : le Maroc devrait suivre de près les tendances mondiales

De 1960 à l’heure actuelle, le Maroc a réussi à se hisser aux standards mondiaux, pour ce qui est de son activité automobile. En effet, le royaume est passé par plusieurs étapes pour développer l’industrie automobile nationale, lui permettant de se positionner en tant que leader en la matière sur le continent africain, et une référence non négligeable à l’échelle mondiale. Suite à cette lancée, il n’est que chose normale que le Maroc s’oriente vers de nouvelles productions, notamment l’hybride et l’électrique, qui font fureur sur le marché international.

Le Maroc cherche à diversifier son économie à tout prix, dans l’objectif de s’éloigner de sa dépendance du secteur agricole, qui reste le premier contributeur au PIB national. À cet effet, le royaume a entamé au fil des années de nombreux plans et réformes pour s’orienter vers une économie où l’industrie et les services contribuent à la création de richesse, notamment en boostant l’activité touristique tout en cherchant à attirer des investisseurs étrangers dans certains secteurs porteurs, notamment l’automobile.

Ainsi, depuis les années 60, le Royaume s’est fixé comme objectif de révolutionner, petit à petit, son industrie automobile, dont les fondements ont été établis en 1959, lors de l’accord tripartite entre l’état marocain, Fiat et Renault, pour construire un véhicule 100 % made in Morocco. Cet accord se concrétisera sous forme de la SOMACA, mais on ne verra pas de véhicules 100 % Marocains pour autant. Toutefois, le royaume a réussi à booster sa production dans les accessoires automobiles, devant une référence en la matière, du fait de la forte force de travail dont il dispose.

La roue du changement est lancée

Le Maroc s’impose aujourd’hui en tant que premier producteur de voitures touristiques en Afrique, et se classe 24e dans le monde. Selon les données de la Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF), relevant du ministère de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration (MEFRA), l’industrie automobile est le premier contributeur aux exportations du royaume, avec une part de 26 % des échanges du Maroc en 2018 à ce niveau.

Toutefois, cette situation n’est pas intervenue du jour au lendemain, puisque la révolution automobile marocaine a commencé depuis les années 60 (création de SOMACA), et se poursuit à l’heure actuelle avec des noms internationaux, dont PSA, Renault-Nissan, BYD, Citic Dicastal, Magneti Marelli, Nexteer Automotive, etc.

Ainsi, pour la période allant de 2012 à 2019, ce ne sont pas moins de 530.000 véhicules qui ont été fabriqués au Maroc, dont 340.000 par Renault-Nissan, 100.000 par PSA et 90.000 par SOMACA. Dans ce sens, il est à noter que l’alliance Renault-Nissan s’impose en tant qu’acteur de référence sur le marché national. Deux de ces acteurs, notamment PSA et SOMACA, comptent booster leurs productions à l’horizon 2023, portant celles-ci à 200.000 et 160.000 unités, alors que Renault-Nissan devrait maintenir le cap. Cette hausse prévue devrait porter le nombre d’unités fabriquées à 700.000 pour ladite période.

La transformation du secteur automobile national pourrait se résumer à 5 étapes, notamment la période entre les années 60 et 70 avec la création de la SOMACA, 80 à 90 pour la promotion des exportations, de 2005 à 2013 où l’on a adopté une politique de spécialisation dans les métiers mondiaux, en plus du lancement des premiers véhicules Dacia sur le marché national, de 2014 à l’heure actuelle, où l’on devrait voir les résultats de la première phase du plan d’accélération industrielle (PAI). La 5e phase concerne l’après 2020, où l’on devrait intégrer les mesures de la deuxième phase du PAI dans la transformation et le développement du secteur automobile, notamment pour ce qui est de l’intégration des nouvelles technologies en ce sens.

Le Maroc semble bien lancé dans sa révolution automobile, surtout qu’il a réussi à attirer de nombreux investisseurs du secteur, notamment grâce à des incitations techniques et matérielles. Ainsi, le Royaume a mobilisé 1000 hectares de foncier locatif pour les acteurs du secteur, il a procédé à la création de 5 parcs de statut « zone franche », il a mobilisé une enveloppe budgétaire de 20 milliards de dirhams, permettant de couvrir jusqu’à 20 % du montant total des investissements, sans parler du soutien proposé aux TPE et PME.

Tout marche comme sur des roulettes

Tout cela a permis au royaume de booster les recettes issues des exportations automobiles de façon considérable entre 2005 et 2018. Ainsi de 2005 à 2013, celles-ci se sont établies à 31,6 MMDH, affichant un bond de 20 %, et de 72,3 MMDH de 2014 à 2018, soit une progression annuelle moyenne de 14 %. Il est à noter qu’actuellement, 90 % de la production marocaine est destiné à l’export, dont 80 % rien que pour le marché européen.

Le secteur automobile a par ailleurs contribué à la réduction du chômage, puisqu’il a favorisé la création de 38.975 emplois en 2008, 60.976 en 2011 et a affiché un bond de 85.000 postes créés entre 2014 et 2018, portant le total des opportunités à ce niveau à 163.000.

Toutefois, il faut bien comprendre que le Maroc reste actuellement un pays de sous-traitance, dans la mesure où l’on ne dispose toujours pas d’un véhicule 100 % marocain. Par cela, l’on veut bien évidemment dire des pièces fabriquées au Maroc par des Marocains et qui pourraient bien être compétitives sur le marché international.

Cela dit, malgré cette réalité, les compétences et la qualité de travail du Royaume lui permettent d’avoir plusieurs partenaires économiques à travers le monde, et plus particulièrement en Europe, où la France se place en tant que premier partenaire sur ce niveau. De 2010 à 2018, la France a réussi à se maintenir à la tête des investisseurs étrangers au Maroc, dans le secteur automobile. A noter que l’Asie est devenue le 2e acteur en ce sens, alors que l’Amérique du Nord et la région MENA restent moins présentes.

Pour ce qui est des perspectives d’évolution, le Royaume devrait bien se pencher sur les segments qui intéressent de plus en plus, notamment l’électrique. En effet, contrairement à l’Europe ou l’Amérique, le royaume n’a pas vécu la révolution automobile avec les hydrocarbures de la même façon. Les carburants sont ancrés dans l’histoire de ces zones, alors que cela n’est qu’un phénomène nouveau pour le Maroc, ce qui devrait le pousser à se pencher sur le développement de motorisations électriques et hybrides.

En effet, le pays dispose actuellement des ressources financières, matérielles et humaines pour développer une motorisation électrique 100 % Marocaine, voir même un véhicule électrique, qui pourrait bien trouver sa place sur le marché international.

C’est dans ce sens que l’on devrait donc intégrer cette équation à la prochaine étape du PAI, qui devrait couvrir la période 2021-2025.

Florissante, l'industrie automobile marocaine face à des défis majeurs