Brexit : « Comment te dire adieu ? » 

30 Jan 2020 à 14:05 Monde
Brexit : « Comment te dire adieu ? » 

Les Britanniques en donnant en décembre une confortable majorité à Boris Johnson, qui avait fait campagne sur cet argument simple : « Get Brexit Done », ont signifié symboliquement un «sweet home» à leurs soixante-treize eurodéputés.  Et dès demain vendredi, voilà, donc venu le jour de plier bagage et de s’en retourner à la maison.

Comme dans tout divorce, dès lors, qu’il est prononcé, c’est la séparation qui est la plus douloureuse. Pour le Brexit au regard de presqu’un demi-siècle d’union la tâche n’en sera que plus ardue par cette séparation de corps qui quelque part aura été forcée et où tant de détails restent encore à peaufiner.  Dans l’intention le Royaume-Uni et l’Union Européenne se quittent bons amis mais dans les faits c’est une autre histoire.

Avec le Brexit, cette dernière, l’UE, se voit privée de 66 millions d’habitants, d’une inlassable contribution à la réalisation de l’œuvre budgétaire européenne (au moins 15% du PIB), mais surtout laisse des plumes géopolitiquement puisque la Grande-Bretagne en faussant compagnie, c’est également une puissance nucléaire militaire qui s’en va. De plus le Royaume-Uni est membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et donc un droit de véto soit bien des atouts qui s’égarent.

Outre-Manche, non plus, ce n’est pas reluisant. Le Royaume-Uni a défaut d’une nouvelle virginité, a tout à reconstruire. Outre sa stature qui n’est plus à faire il se devra de redoubler de diplomatie pour se donner une reconnaissance à l’international histoire de ne pas tomber dans les bras tendus de l’Oncle Sam car il y va de ce côté rebelle typiquement british.

Dans toute rupture, par essence c’est la longue édification de la relation qui en paye le lourd tribut. Elle laisse des traces profondes. La procédure de divorce s’est achevée, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne ce vendredi à minuit où comme un signe à 23h, à l’heure de Big Ben après plus de 47 ans de vie commune. Mercredi en fin d’une journée énorme en émotion, par 621 voix pour, 49 contre et 13 abstentions, le Parlement européen a ratifié, le traité qui acte l’accord du divorce et de retrait « du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne ».

Le Brexit deviendra effectif à la date du 31 janvier et dès le lendemain, ce sera un travail de reconstruction d’un nouveau lien, un demi-siècle après, qui attendra nos ex-tourtereaux. Tout le restant est désormais à bâtir.

Deux jours avant le prononcé effectif du Brexit, le Parlement européen après avoir acté le divorce, a fait des adieux émus aux députés britanniques sur l’air de « Auld Lang Syne » ou « Ce n’est qu’un au revoir ».  Les élus s’étaient donnés pour ce faire la main dans l’hémicycle avant que d’entonner le chant écossais. Lors d’un débat avant le scrutin, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a eu cette réplique lourde de sens et d’émotions à l’endroit des eurodéputés en partance, « Vous allez nous manquer » et comme dirait une chanson « hardie », « sous aucun prétexte, je ne veux avoir de réflexes malheureux, il faut que tu m’expliques un peu mieux, comment te dire adieu ». Le plus dur est à venir.

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