Liban : La rue met de plus en plus la pression sur le nouveau gouvernement Diab

25 Jan 2020 à 17:09 Monde
Liban : La rue met de plus en plus la pression sur le nouveau gouvernement Diab

Le mouvement de contestation populaire qui semblait être en gestation, n’en déplaise à ses détracteurs après 100 jours, reste bel et bien vivant au Liban et illustre l’amère réalité d’une opposition tous azimuts au nouveau gouvernement formé par Hassane Diab mardi dernier. A preuve ces centaines de manifestants anti-pouvoir qui ont organisé samedi après-midi une série de marches à partir de différents points de la capitale Beyrouth et ses environs et qui doivent toutes converger vers le centre-ville, près du Parlement.

Sous le doux slogan « Pas de confiance, nous ne paierons pas le prix », les manifestants convergent tous vers le Parlement libanais et pour certains en longeant les sièges de certains ministères, comme celui de l’Intérieur, des Affaires étrangères, ou encore celui des Finances, ainsi que devant la Banque du Liban et l’Association des banques du Liban, cibles privilégiées des manifestants depuis des mois. Les manifestants scandent “Révolution ! Révolution ! », ainsi que le slogan fétiche du soulèvement populaire “Tous, sans exception, et Hassane Diab est l’un d’entre eux », en allusion aux politiciens taxés de corruption.

Il y a une semaine jour pour jour, des marches pacifiques similaires avaient dégénéré et s’étaient terminées en violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre faisant plus de 400 blessés.  Une manifestation le jour d’après dans ce même secteur du Parlement, faisant de nouveaux blessés. Depuis les autorités ont fini par installer des murs en béton devant toutes les entrées qui mènent vers le siège du Parlement, au centre-ville de Beyrouth.

Sur l’autoroute, à l’entrée nord de la capitale, les Forces de sécurité intérieure ont dressé des barrages et fait circuler des patrouilles. Ce secteur est un lieu récurrent d’affrontements entre manifestants et forces anti-émeute. A Tripoli, au Liban-Nord, de nombreux manifestants sont également descendus dans la rue afin de crier leur colère contre la classe dirigeante.

Le nouveau gouvernement du Liban qui d’entrée de « mission » a déjà été rejeté par la rue se devra, de relancer une économie en chute libre et surtout de convaincre les manifestants hostiles à la classe politique. Mais pour ces derniers, mobilisés depuis un certain 17 octobre, les nouveaux ministres sont des personnalités affiliées à cette même classe politique qu’ils accusent de corruption et d’incompétence. Ils ont été dénoncés unanimement par les groupes de la société civile comme dépendant des forces politiques qui ont désigné le Premier ministre et les ministres. La rue revendiquait depuis octobre un cabinet d’experts indépendants.

Hassane Diab qui succédé à Saad Hariri, qui avait démissionné le 29 octobre sous la pression de la rue avait déclaré que le Liban faisait face à une « catastrophe » économique lors de la première réunion de son gouvernement. Cela ne s’annonce pas de tout repos.

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