Vague de froid: l’ADFM fustige les responsables quant aux conditions pénibles que vivent les femmes des zones enclavées

25 Jan 2020 à 08:32 Société
Vague de froid: l’ADFM fustige les responsables quant aux conditions pénibles que vivent les femmes des zones enclavées

A chaque début de saison hivernal, nos pensées vont vers les habitants des zones enclavées. Quand la vague de froid s’abat sur ses zones lointaines et délaissées, ses habitants sont coupés du monde et ne peuvent aller nulle part, même en cas d’urgence (femmes enceintes, personne malade, enfant malade, accidents …).

Soucieuse des conditions pénibles que vivent les femmes de zones enclavées en cette période de grand froid, l’Association démocratie des Femmes du Maroc (ADFM) a lancé un cri de détresse et un appel au secours dans une note dont Hespress Fr détient une copie.

Dans un premier temps, l’association rappelle que le ministère de l’Intérieur a présenté le Plan national de lutte contre la vague de froid 2019-2020 devant le Parlement et la chambre des conseillers en novembre 2019 puis en décembre 2019.

Dans ce sens, l’ADFM tire la sonnette d’alarme quant aux conditions difficiles que vivent les femmes des zones reculées du Royaume, en particulier, et qui sont liées à leurs responsabilités et obligations et au travail reproductif les exposant le plus aux périls et conséquences néfastes de changements climatiques, attirant ainsi l’attention des autorités sur la nécessité d’anticiper ces conséquences dans l’espace et le temps.

Soulignant que le bilan de la saison sur la lutte contre la vague de froid 2019-2020 ne soit encore d’actualité, l’ADFM s’interroge cependant sur l’effectivité des commissions provinciales de veille, sur le rôle de suivi de la situation et sur la sensibilisation des populations, mais également sur le degré d’implication des communes, dans une logique de partenariat avec le gouvernement afin de mener à bien ledit plan.

Tirant la sonnette d’alarme quant aux malheurs que vivent les femmes habitantes dans les zones reculées du Royaume rappelant à cette occasion le triste événement « décès d’une femme en janvier 2018 suite à des chutes de neige ayant entraîné l’effondrement du toit de sa maison à Douar Zroun (province d’Al-Haouz)», l’ADFM estime qu’il serait « judicieux de s’interroger sur les mesures effectives à prendre en termes d’adaptation transformationnelle, en vue d’apporter des réponses durables aux risques liés aux changements climatiques et sans lesquelles ces zones vulnérables du Royaume vivraient chaque année la même détresse ».

« La population féminine est, en définitif, celle qui souffre le plus des effets des changements climatiques de par sa charge de travail qui l’incite à la corvée de l’eau et du bois, souvent au péril de sa sécurité et au détriment de sa santé » soulève l’ADFM.

S’agissant de la sensibilisation des habitants des zones enclavées du Maroc, l’ADFM indique que « le manque d’accès à l’information, suscité par le faible taux d’équipement en termes de nouvelles technologies des femmes des zones enclavées et de la couverture insuffisante en réseaux de télécommunications, accentue la vulnérabilité de ces femmes et met en évidence l’inégalité des chances en termes de protection contre les aléas du grand froid et toute autre conséquence liée de près ou de loin aux changements climatiques ».

Face à cette situation, l’ADFM appelle les responsables à « la mise en œuvre efficace et au suivi régulier du Plan national Riaya, afin d’y apporter les ajustements requis et d’y intégrer l’approche d’adaptation transformationnelle afin de préserver les droits humains des femmes et d’assurer leur inclusion systémique dans le développement de ces régions ».

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