Mouvement de contestation en Irak mortel et sans répit

21 Jan 2020 à 15:52 Monde
Mouvement de contestation en Irak mortel et sans répit

En Irak, un manifestant a été tué mardi après avoir reçu un tir de gaz lacrymogène dans un quartier à l’est de Bagdad, selon des médecins. Hier lundi, ce sont trois personnes qui ont connu le même sort lors de heurts entre contestataires et forces de l’ordre. Par ailleurs, le personnel soignant déplore plusieurs dizaines de blessés.

Les manifestants en Irak ont de nouveau réclamé l’organisation d’élections anticipées, une réforme de la loi électorale et la désignation d’un Premier ministre indépendant. Ils avaient donné jusqu’à hier, lundi, à l’exécutif irakien pour donner réponse à leurs revendications (élections anticipées, réforme de la loi électorale, désignation d’un Premier ministre indépendant et fin de la corruption) en vain.

Mardi, par ricochet au silence assourdissant de la classe dirigeante en Irak, les manifestations ont bloqué des routes à travers le pays et des rues à Bagdad pour faire pression sur le gouvernement accusé de corruption et d’incompétence et auquel ils réclament de profondes réformes.

Le mouvement de contestation en Irak avait connu une courte période de répit observée à l’occasion des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran deux alliés de l’Irak opérant dans le pays. Afin de pas briser l’élan de leur mouvement, les manifestants avaient alors adressé un ultimatum d’une semaine –qui a expiré hier lundi– à l’exécutif pour répondre à leurs demandes, principalement une refonte du pouvoir passant par des élections anticipées.

Aussi devant le manque de réactivité des dirigeants irakiens les contestations ont repris de plus belle. Principalement dirigés par des jeunes, les manifestations se concentrent sur Bagdad et le sud chiite. A ce titre, les contestataires à Nassiriya, ont envahi le centre-ville, arborant des drapeaux irakiens et bloquant tout transport dont de nombreux camions citernes emplis de pétrole. Plusieurs villes d’Irak et plus particulièrement dans le Sud, ont connu des scènes de violence similaires suite à des affrontements entre les jeunes en colère et les forces de l’ordre.

La veille, à Bagdad la police antiémeute a violemment réprimé les contestataires pacifiques, causant des dizaines de blessés parmi la population. D’après des médias présents sur place, les forces de l’ordre ont fait usage de tirs à balles réelles, provoquant un grand mouvement de panique et faisant plusieurs blessés parmi les contestataires selon l’AFP.

Aujourd’hui à Bagdad la place Tahrir, cœur de la contestation, des centaines d’autres manifestants ont aussi rallié comme hier la place Tayaran, où ils ont affronté les forces de sécurité, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.

Depuis le début de ce conflit en octobre 2019, le bilan macabre est de 460 personnes décédées, le plus souvent suite à la répression des manifestations et 25 000 autres ont été blessées.  Mais, selon un centre de documentation irakien de crimes de guerre, le nombre de manifestants tués aurait a atteint 669.

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