HRW épingle l’Algérie sur l’arrestation des membres du Hirak anti-système

18 Jan 2020 à 10:50
HRW épingle l’Algérie sur l’arrestation des membres du Hirak anti-système

Human Rights Watch (HRW), a publié son rapport au titre de 2020. L’Algérie y est fortement critiquée pour le traitement réservé par les autorités en place, vivement contestées de surcroît, aux manifestants dans le cadre du Hirak anti-système qui a bouclé son 10è mois.

L’ONG dresse ainsi un bilan sombre de la situation des droits de l’Homme dans le pays durant 2019, une année de «contestation populaire sans précédent en Algérie».

HRW relève à ce propos que «L’Algérie a été en 2019 le théâtre des manifestations anti-gouvernementales les plus généralisées et les plus persistantes qu’elle ait connues depuis son indépendance en 1962 ».

Retraçant la genèse du Hirak depuis l’annonce du projet de cinquième mandat de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, qui n’aura finalement pas lieu, ouvrant la voie à une contestation qui ne faiblira pas, l’ONG fait remarquer qu’en réponse à la poursuite des manifestations, «les autorités ont dispersé des manifestations pacifiques, arrêté arbitrairement des participants, empêché la tenue de réunions prévues par des organisations politiques ou de défense des droits humains, et emprisonné des détracteurs du gouvernement».

« Alors que de vastes manifestations anti-gouvernementales se déroulaient dans les rues toutes les semaines, les forces de police ont été déployées massivement dans les rues et sur les places du centre de la capitale, ainsi qu’à des points de contrôle, avec pour effet de limiter le nombre de personnes parvenant à se joindre aux marches, puis elles ont exercé un contrôle étroit sur celles qui arrivaient à s’y rendre », met en avant HRW, qui précise que les autorités « ont arrêté des centaines de manifestants pacifiques, remettant la plupart d’entre eux en liberté sans chef d’accusation au bout de quelques heures, mais engageant des poursuites contre des dizaines d’autres et les emprisonnant ».

Et de rappeler, en citant le Comité national pour la libération des détenus, que les «autorités ont arrêté et inculpé 86 personnes entre juin et octobre, et six de ces personnes avaient été jugées et acquittées, une était remise en liberté dans l’attente de son procès et 79 demeuraient en détention préventive avant leur procès».

Outre les traitements réservés aux personnes, HRW relève également les « mesures coercitives » prises à l’encontre des organisations internationales de défense des droits humains et des médias internationaux.
Elle rappelle à cet égard, l’arrestation et l’expulsion le 19 août, d’Ahmed Benchemsi, responsable au sein de l’ONG.

« Benchemsi a été maintenu en garde à vue pendant 10 heures et a vu ses passeports confisqués pendant 10 jours », fait encore valoir HRW, qui évoque de même le cas du directeur du bureau de l’AFP à Alger, Aymeric Vincenot, qui « avait été contraint de quitter le pays le 9 avril, les autorités ayant refusé de renouveler son accréditation ».

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