Aïcha Ayach arrêtée, est-ce le dénouement de l’affaire Hamza mon bb ?

17 Jan 2020 à 06:45 Société
Aïcha Ayach arrêtée, est-ce le dénouement de l’affaire Hamza mon bb ?

Fréquemment citée lors des interrogatoires des accusés dans l’affaire « Hamza mon bb », Aicha Ayach a été interpellée dans la soirée du mardi 14 janvier, dans un aéroport des Émirats arabes unis, alors qu’elle s’apprêtait un prendre un vol en direction de la Turquie. Une vidéo a largement circulé sur les réseaux la montrant par la suite assise dans la salle d’attente du tribunal de Dubaï. 

Une arrestation qui fait suite au mandat d’arrêt international émis par le Maroc le 13 janvier, à l’encontre de la présumée styliste Aicha Ayach qui vit entre le Royaume et les Emirats, et ce dans le cadre de l’accord de  coopération judiciaire internationale sur la base de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, signée entre le Maroc et l’Émirats arabes unis en 2006.

Ainsi et selon diverses sources concordantes, Aicha Ayach aurait été citée par plusieurs accusés dans l’affaire « Hamza mon bb » et serait la tête pensante et l’administratrice principale dudit compte, créé initialement pour dénicher de mystérieux (et scabreux) scoops sur des artistes et des célébrités marocaines et arabes, mais qui, ce faisant, nuisait à leur réputation et à leur carrière et permettait à leurs administrateurs de régler des comptes.

Les victimes de « Hamza mon bb » étaient nombreuses, notamment la journaliste Mariam Said, dont le scandale des photos partagées par le compte lui aurait valu son licenciement de « MBC », la chanteuse Salma Rachid, la styliste Sultana, Saida Charaf, Jawad Kanana et la liste est longue. Ils aurait même été question de faire chanter des gérants et propriétaires d’hôtels et de Cabarets.

Depuis 2016, soit la date de lancement de ce compte, les victimes ont commencé petit à petit à se diriger vers la justice, vu que rien ne stoppait les auteurs. La première plaignante dans cette affaire fut la styliste Sultana, qui a été accusée par « Hamza mon bb » de prostitution et de proxénétisme, puis la dernière en vue, la chanteuse Saida Charaf qui a été accusée par le même compte de « séparatisme » à travers une photo partagée.

L’affaire « Hamza mon bb » s’est avérée plus rocambolesque que l’on ne pouvait l’imaginer. Alors que ceux qui suivaient ce compte « louche » pensaient qu’il s’agissait uniquement d’un compte qui dévoilait la « face cachée » des célébrités marocaines et arabes, ils ont été surpris d’apprendre qu’il s’agissait d’un grand réseau de chantage, proxénétisme, prostitution et autres.

En effet, selon les nombreux audios fuité sur les réseaux sociaux, et qui montrent clairement l’implication d’Aicha Ayach, des victimes du compte « Hamza mon bb » ont déclaré avoir été au milieu de ce réseau de prostitution géré, selon leurs diress, par Aicha Ayach, qui se cache derrière la bannière de « styliste ».

La présumée styliste, selon les mêmes victimes, faisait chanter toutes celles qui s’opposaient à elle ou décidaient du jour au lendemain de quitter le « domaine», pour changer de vie. Elle faisait également chanter toutes celles et ceux qui « osaient » critiquer son amie, la chanteuse marocaine Dounia Batma, également poursuivie dans cette affaire. D’autres sources soulignent également qu’un homme, dont la nationalité et l’identité sont toujours méconnues, est également complice d’Aicha Ayach.

En attendant la suite de cette affaire qui tient l’opinion publique en haleine depuis des mois déjà, rappelons que les principales accusées dans l’affaire « Hamza mon bb » sont les sœurs Dounia et Ibtissam Batma, arrêtées puis libérées sous caution, 500.000 et 300.000 dhs respectivement avec interdiction de quitter le territoire.

À souligner que la chanteuse marocaine a toujours été soupçonnée par les célébrités d’être l’une des administratrices dudit compte, parce qu’il ne s’agit pas d’une seule et unique personne qui gérait le compte, et de tacler toutes celles et ceux qui la critiquaient.

Il y a également la youtubeuse, Soukaina Glamour poursuivie en état d’arrestation, ou encore le transsexuel marocain « Sofia Taloni » de son vrai nom Nawfal Moussa qui vit entre le Maroc et la Turquie qui a également était entendu lundi 13 janvier par la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca.

Rappelons pareillement qu’avec l’entrée en vigueur de la loi  n° 09-08 relative à la protection des données personnelles, les accusés dans cette affaire devront répondre de lourdes accusations se rapportant à la « participation à l’accès frauduleux au système de traitement informatique des données et diffusion d’images et de déclarations d’autrui sans son consentement, dans le but de nuire ou de diffamer ».

Si les accusations sont établies et avérées, l’article 57 de ladite loi stipule qu' »Est puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 50.000 à 300.000 DH ou de l’une de ces deux peines seulement quiconque procède, sans le consentement express des personnes intéressées, au traitement des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, les appartenances syndicales des personnes ou qui sont relatif à la santé de celle-ci. Est puni des mêmes peines quiconque procède au traitement des données à caractère personnel concernant des infractions, des condamnations ou des mesures de sûreté».

Avec l’arrestation d’Aicha Ayach, l’affaire Hamza mon bb prendra-t-elle fin ou dévoilera-t-elle d’autres ayants droit, ou d’autres complices ?

Affaire à suivre …

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