Institut Thomas More: Le Maroc, seul partenaire stratégique fiable de la France dans la lutte antiterroriste

13 Jan 2020 à 19:36 Politique
Institut Thomas More: Le Maroc, seul partenaire stratégique fiable de la France dans la lutte antiterroriste

Le Maroc demeure « le seul partenaire stratégique fiable de la France » en matière de lutte contre le terrorisme au Sahel, a affirmé Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur-associé à l’Institut Thomas More.

Se livrant à une analyse des enjeux du Sommet du G5 Sahel, tenu ce lundi à Pau à l’initiative du Président Emmanuel Macron, le chercheur a affirmé que «le Maroc demeure le seul partenaire stratégique fiable de la France. Forte de sa légitimité religieuse, la dynastie alaouite (…) conduit une politique intelligente dans la région et sur les confins de l’arc sahélo-saharien ».

Dans cette analyse intitulée «Les enjeux géopolitiques du Sahel et de la lutte contre le fanatisme: une vision d’ensemble », Jean-Sylvestre Mongrenier souligne qu’«afin de contrer le littéralisme belliqueux et fanatique de l’Etat islamique, Mohammed VI, Commandeur des Croyants, promeut les dimensions artistique, philosophique et strictement spirituelle de l’Islam».

Et d’ajouter qu’en s’évertuant à promouvoir une des confréries les plus importantes d’Afrique de l’Ouest, la Tijaniyya, dont le mausolée du fondateur est situé à Fès (…),  « l’objectif du Maroc est bien de s’imposer comme leader d’un courant religieux fondé sur la wasatiyya et susceptible de contrer les discours radicaux».

Il relève dans ce contexte la nécessité de soutenir une telle démarche, car, dit-il, « il va sans dire qu’une telle politique doit être soutenue : la lutte contre le fanatisme (…) se joue également dans les domaines de la théologie, de la mystique et de la spiritualité».

«Il importe que cette entreprise de longue haleine soit conduite par les représentants d’un Islam à la fois enraciné et traditionnel, prioritairement soucieux du salut de leurs coreligionnaires», fait-il valoir.

Poursuivant son analyse, le chercheur note que pour Macron, la finalité de ce sommet est de « réaffirmer » l’engagement français sur ce front (la lutte contre le terrorisme au Sahel) et de renforcer la coopération avec les Etats du Sahel.

Pour ce faire, le chef de l’Etat français attend de ses hôtes de «clarifier les attentes afin d’aboutir ou non à une convergence des objectifs et légitimer ou non la présence militaire française dans cette région du monde».

Prennent part à ce sommet, initialement prévu le 16 décembre dernier avant d’être reporté suite à l’attaque meurtrière ayant ciblé le 11 décembre l’armée nigérienne dans le camp d’Inates faisant 71 morts et une trentaine de disparus, outre les présidents du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie), le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel et le vice-président de la Commission européenne et haut représentant pour les affaires étrangères, Josep Borrel.

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