Algérie: Forte mobilisation malgré les remises en liberté des détenus du Hirak

03 Jan 2020 à 18:03 Monde
Algérie: Forte mobilisation malgré les remises en liberté des détenus du Hirak

Les manifestations anti-système ont continué ce vendredi 3 janvier en Algérie pour leur 46ème semaine d’affilée. Les contestataires sont déterminés à faire entendre leur voix malgré la joie de voir les leurs revenir dans les rangs du Hirak.

Pour ce premier vendredi de 2020, les Algériens ont encore une fois fait savoir leur mécontentement face à un système qui perdure avec toujours les mêmes figures sur le devant de la scène. Le Hirak qui entre en ce début d’année dans sa 46ème semaine de manifestation pro-démocratie va bientôt clôturer, le 22 février, un an de mobilisation continue ayant permis entre autres d’affaiblir le pouvoir en place. « Grandiose », « magnifique » ont fait partie des adjectifs utilisés pour décrire cette manifestation.

Cette nouvelle manifestation survient au lendemain de l’annonce du premier gouvernement du président algérien Abdelmadjid Tebboune, élu il y a tout juste trois semaines. Appelant un Etat de droit, à la liberté d’expression et la libération des détenus d’opinion, les manifestants ont montré qu’ils refusaient ce nouvel exécutif mais en plus qu’ils refusaient « tout dialogue » avec le pouvoir.

Ce refus du dialogue est l’un des principaux problèmes soulevés par le Hirak dont une partie estime qu’il est nécessaire d’engager une discussion, de nommer des porte-paroles pour faire part des messages et revendications du peuple aux tenants du pouvoir afin d’arriver à une solution et une sortie crise.

Ce vendredi, où toutes les Wilayas du pays ont connu un bon de fréquentation dans les rangs du mouvement, un léger vent de détente s’est fait ressentir grâce à la libération des détenus du Hirak dont une soixantaine ont retrouvé la liberté provisoire. Mais leur procès est toujours programmé et la menace du retour vers la case prison pèse toujours sur leur tête.

A Alger, les manifestants ont brandi les drapeaux algériens et ont réitéré leur revendication d’une nation civile et pas militaire. « Ecoutez cher peuple, Abbane a laissé un héritage », en référence à Abbane Ramdane, un révolutionnaire qui devait prendre la tête de l’historique parti Front de libération nationale avant d’être tué dans un guet apens orchestré par ses rivaux.

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