Hausse du prix du carburant: Le cadeau de fin d’année du gouvernement

03 Jan 2020 à 16:36 Société
Hausse du prix du carburant: Le cadeau de fin d’année du gouvernement

Le gouvernement marocain a offert un joli cadeau de fin d’année aux citoyens. Ces derniers se sont réveillés le 1er janvier 2020 sur une énième hausse conséquente des prix des carburants. Une flambée « surprise », qui vient s’ajouter au prix déjà cher de ce produit, qui se vendait ce vendredi 3 janvier à 11.05dhs/L ,pour l’essence et 9.83 dhs/L pour le gasoil. Pour Bouazza Kherrati, c’est tout simplement une « entente entre intervenants« .

Cette augmentation « est tombée d’une façon inattendue puisqu’aucune alerte n’a été donné à l’échelle internationale et qui pourrait justifier cette augmentation à l’échelle nationale », a estimé président de la fédération marocaine des droits des consommateurs au micro de Hespress FR.

« C’est une hausse qui a touché toutes les sociétés de carburants et par conséquent c’est une entente sur les prix. Le gouvernement est appelé aujourd’hui à appliquer la loi sur la liberté du prix et de la concurrence sachant qu’une entente sur les prix est une infraction. Donc si le gouvernement ferme les yeux sur ça et applique la politique de l’Autruche, cela veut dire qu’il a donné son aval à ces sociétés pour continuer à profiter de la poche des consommateurs marocains. On peut carrément dire que ces sociétés sont devenues des vampires et non pas des entreprises citoyennes », a souligné notre interlocuteur.

Pour Bouazza Kherrati, il n y a « aucun indice qui montre que ces sociétés sont citoyennes du fait qu’elles appliquent des prix selon leur convenance, et le plus grave et contraire à la loi, c’est l’entente entre ces sociétés. Et quand il y a entente, le gouvernement devrait réagir. Sinon à quoi serviraient ces lois dont dispose le Royaume ? ».

Interrogé sur les moyens pour l’Etat de mettre un terme à l’anarchie qui sévit dans un secteur totalement contrôlé par des intervenants tout-puissants, Kherrati est catégorique! Pour lui « la solution est très simple. Il suffit d’appliquer la loi sur la libéralisation des prix et de la concurrence ».

« Nous avons une loi, donc le gouvernement doit intervenir pour l’appliquer puisque cette dernière a prévu ces conditions, raison pour laquelle d’ailleurs nous avons un conseil de la concurrence et une loi qu’il faut mettre en oeuvre, quel que soit le lobby et sa puissance, ils ne peuvent pas être au-dessous de la loi », a-t-il ajouté dans ce sens.

Et le président de la fédération marocaine des droits des consommateurs de poursuivre: « la loi est faite pour tous les Marocains, et pour que tout le monde trouve son intérêt. Les sociétés interviennent pour le développement national, produire mais aussi tirer profit, toutefois pas au détriment d’une classe moyenne fragile et déjà touchée par plusieurs augmentations. C’est une atteinte aux intérêts et au pouvoir d’achat des citoyens. Pire que ça, c’est une entente, et la fondation marocaine des droits des consommateurs condamne cette action ».

Bouazza Kerrati a, en outre, estimé que le boycott dans ces cas là n’est pas la meilleure des approches, en se disant « contre le boycott d’une société spécifique, mais pour le boycott du produit même ».

« Boycotter quelques sociétés non. Parce que ça prend toujours une allure politique. Je suis pour un boycott contre le produit en général. Il suffit de dire, par exemple, deux jours par semaine on ne va pas utiliser notre véhicule, puisqu’il est impossible aujourd’hui de rester sans véhicule. Je suis pour un boycott du produit et non d’une société spécifique. Parce que du moment où on va boycotter une seule société, cela veut dire qu’on va prendre parti et quand on prend parti, cela a toujours une tournure politique » a-t-il conclu.

L'essentiel des séances d'écoute entamées par la CSMD avec le PJD, l'USFP et le PI