Khadija Ryadi: L’Etat se venge de Omar Radi

27 Déc 2019 à 16:25 Politique
Khadija Ryadi: L’Etat se venge de Omar Radi

Le journaliste Omar Radi a été convoqué hier par la Brigade nationale de la Police judiciaire (BNPJ) qui a décidé de le poursuivre en état d’arrestation, en attendant une deuxième audience prévue le 2 janvier prochain. Il avait publié des tweets où il s’était exprimé au sujet des verdicts prononcés contre les détenus du Hirak du Rif en phase d’appel.  

L’arrestation du journaliste Omar Radi suscite un mécontentement massif parmi les journalistes. De nombreuses associations nationales et à l’étranger ont également réagi en dénonçant sa poursuite en justice et sa détention à la prison d’Oukacha à Casablanca.

Dans les faits, Omar Radi s’est présenté jeudi matin devant la Police judiciaire, après avoir reçu une convocation le mercredi, comme il l’a signalé sur sa page Facebook en photographiant la convocations qu’il a reçue, sans en « connaitre l’objet ».

Contactée par Hespress, la militante des droits de l’Homme et ex-présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) Khadija Ryadi commente cette arrestation en déclarant que « la plupart des journalistes professionnels ont choisi d’émigrer, ou de se tourner vers l’enseignement supérieur, alors qu’Omar Al-Radi constitue un cas particulier qui a toujours été gênant, ce qui a incité l’État à réfléchir à toutes formes de vengeance contre lui ».

La lauréate du Prix 2013 de l’ONU pour les droits de l’Homme a ajouté que « la finalité derrière cette poursuite judiciaire est l’élimination de la presse professionnelle et le passage à tabac d’une personne pour faire peur à tout le monde ».

Khadija Ryadi souligne par ailleurs que « les arrestations ont considérablement augmenté ces derniers temps, en particulier parmi les journalistes », tout en estimant que « l’Etat veut préserver un seul appareil médiatique public, et emprisonner le reste qui exerce véritablement la profession, en particulier ceux qui s’activent sur certains fichiers, et qui ont une présence dans divers médias ».

Rappelons que journaliste avait fait l’objet d’une enquête similaire en avril 2019. Il avait été entendu par le Département de la cybercriminalité de la BNPJ. A cette époque, il avait fait savoir que son interrogatoire a porté sur ce qui était considéré comme une « insulte au juge » qui a présidé le procès en appel et prononcé les verdicts contre les détenus de Hirak du Rif, le président de la Cour d’appel Lahcen Tolfi.

Le PAM préfère aller vers son 4è congrès national les rangs resserrés