Culture : Mogador au firmament de nos villes culturelles en 2019

29 Déc 2019 à 16:40 Culture
Culture : Mogador au firmament de nos villes culturelles en 2019

Notre culture se porte bien au regard de l’affluence populaire en hausse constante qu’elle engendre un peu partout à travers le Royaume. Plus de lecteurs, de spectateurs, de festivaliers, de visiteurs et autres amateurs et adeptes attirés par l’art sous toutes ses formes. Force est de constater également que l’engouement est présent et que le marocain a du répondant. Il y a là, matière à persévérer.

Essaouira ou l’histoire de la persévérance récompensée

Essaouira, Rabat, Marrakech, Fès, Casablanca, Meknès, Oujda, Tanger, Tétouan, Agadir et on en passe, sont devenues aujourd’hui autant de références culturelles au Maroc. Mais pour l’exercice qui s’écoulera dans quelques jours, la palme d’or revient très certainement à la cité des Alizés. Et pour cause en moins d’un mois, elle a été doublement consacrée à international.

Essaouira, dont la médina est déjà classée patrimoine mondial de l’Unesco a été inscrite par cette dernière, il y a quelques semaines, dans la liste des villes les plus créatives du monde avant que tout dernièrement elle ne voit l’art Gnaoua faire partie de la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco. Entre  »Festival Jazz sous l’arganier », Andalousies Atlantiques, festivals de patrimoine musical soufi (Joudour), Chgouri, Melhoun, Gnaoua, Moga Festival des musiques et cultures électroniques, cinéma de murailles et rencontres de l’art et de la littérature, et des vertes et des pas mûres c’est tout simplement, à s’y perdre devant tant d’exhortation à l’évasion artistique et culturelle que nous offre Mogador. Ce caractère notoire de la culture festivalière d’Essaouira n’est in fine, que justice rendue et la cité des Alizés le doit à André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador qui se démène pour inscrire la considération de sa ville natale dans le temps et l’espace.

Rabat ville lumière et capitale de la culture

Rabat ville lumière, capitale marocaine de la culture n’est pas en reste. Et le Festival Mawazine « Rythmes du Monde » placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec plus de 2,75 millions de festivaliers, à lui seul suffit au bonheur de la capitale tant il conforte sa seconde place au firmament des festivals internationaux dans le monde. Rabat a tenu sa 18e édition Festival Mawazine « Rythmes du Monde »

Ce rassemblement représente un espace de partage, de brassage culturel, d’union autour d’émotions universelles. Mais on n’occultera nullement les autres événements qui ont illuminé la ville lumière, tels les festivals Chellah de théâtre, méditerranéen des écrits de femmes, de la poésie soufie, Maroc Hit-parade (musique des jeunes), Jazz Chellah, international du cinéma de Rabat, international des arts et de la culture « Été des Oudayas », « Visa for music » … Rabat a en outre abrité du 24 septembre au 18 décembre sa première biennale d’art contemporain sous le thème « un instant avant le monde ». Cet espace de liberté et d’interaction entre « le contemplateur et l’œuvre » a attiré plus de 150.000 visiteurs.

Mais Rabat ne saurait brasser la culture sans l’Académie Royale du Maroc de par ses diverses activités aussi bien nationales qu’internationales à l’image de sa 46ème session toute vouée au thème de l’Asie. On ne saurait taire la distinction du Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, qui a reçu, le Grand Prix de la francophonie de l’Académie française. La plus haute distinction des 64 prix et médailles qui composent le palmarès 2019 de l’Académie française, lui a été remise par son homologue Mme Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuelle de l’Académie française.

L’incontournable Marrakech et ses festivals

Si la capitale et Essaouira se targuent chacune de leur événement fétiche, Marrakech de son programme riche et varié, comprenant plusieurs activités dans différents domaines, notamment le cinéma, la musique, le théâtre, la littérature et la poésie et tiens le rire, ainsi que des expositions et divers ateliers liés à la culture joue tout autant dans la cour des grands du Royaume si ce n’est plus avec le Festival international du film de Marrakech (FIFM)..

Sa 18è édition, a été dédiée au cinéma australien considéré comme l’un des plus anciens au monde. Un vibrant hommage, a été rendu, au monstre sacré d’Hollywood, l’acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain, Robert Redford. L’Etoile d’Or du Festival, est venue récompenser l’ensemble de sa carrière exceptionnelle. D’autres hommages à d’autres figures emblématiques du 7ème art, ont été également rendus à savoir au grand cinéaste français Bertrand Tavernier, à la star du cinéma marocain Mouna Fettou et l’icône de Bollywood Priyanka Chopra, la Française Marion Cotillard, l’Australienne Naomi Watts, l’Egyptienne Ilham Chahine.

Le rire faisant partie intégrante de la scène culturelle de la ville ocre, il y a va sans dire que le Marrakech du Rire est au rire ce que le FIFM est au cinéma. Autour de Jamel Debbouze, fondateur du Marrakech du Rire, de nombreux invités du monde artistique de différentes nationalités y ont participé. Comme à l’accoutumée une programmation riche a été concoctée pour cette édition avec notamment Humouraji, Malik Bentalha, Marion Mezadorian, Booder… et bien d’autres.

Le folklore dans tous ses états ! Berceau de la culture contemporaine marocaine, le Festival national des arts populaires (FNAP), en était à son cinquantenaire et s’est tenu comme depuis sa première édition à Marrakech. Placée sous le Haut Patronage de S.M le Roi Mohammed VI, il se veut être une célébration annuelle éloquente et une vitrine par excellence de la magnificence, de la richesse et de la diversité du patrimoine culturel immatériel national.

La 4ème édition du Festival du livre de Marrakech, un événement éclectique en faveur de toutes les catégories d’âge et des différents milieux sociaux a été organisée trois jours durant par l’Association « Le Kitab bleu ».

A Casablanca musique et lecture font bon ménage

Et à propos de livre que dire aussi de la 25ème édition du Salon international de l’édition et du livre de Casablanca (SIEL) 2019. L’Espagne était le pays invité d’honneur de cet événement organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, organisée par le Ministère de le Culture et de la Communication en partenariat avec l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et Exportations (AMDIE)- OFEC, et présidée le Chef du Gouvernement, Monsieur Saâd Eddine El Othmani. Cette 25ème édition a enregistré un nombre important de visiteurs, qui a atteint cette année les 560 000. 720 exposants directs et indirects issus de 42 pays y ont participé du 7 au 17 février.

Casablanca a eu 7ème Festival du cinéma marocain de Sidi Othmane où dix films marocains ont été sélectionnés pour concourir à la compétition Hassan Skalli des courts-métrages. Organisée par le ciné-club de Sidi Othmane, cette édition s’est déroulée au Complexe culturel Moulay Rachid sous le thème « Le cinéma pour la consécration de la culture de proximité ».

Le street art a été également en fête à Casablanca lors de sa 6ème édition. La manifestation artistique SbaghaBagha, a été initiée par EAC-L’Boulvart (Education artistique et culturelle), une association à but non lucratif qui plaide pour la promotion et le développement des musiques actuelles et de la culture urbaine au Maroc.

La 19ème édition du Festival « L’Boulevard », avec la participation de plus de 52 groupes invités, 19 groupes en compétition, plus de 20 associations nationaux et internationaux a réussi à attirer plus de 110 000 spectateurs. Moments forts entre issawa, gnaoua, rock, chants sérères, peulh etc. ont fait vibrer le club du RUC. L’été a été également chaud avec Jazzablanca un rendez-vous incontournable qui a mis le jazz, pop et les musiques du monde à l’honneur dans la ville de Casablanca six jours durant dans deux sites et quatre scènes (allant des rues aux théâtres).

Fès dans toute sa spiritualité entre cinéma, rire et musiques

La 25ème édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde a rassemblé plus de trente pays. Plusieurs moments forts ont marqué ce quart de siècle d’existence avec, d’exemple les, l’ensemble andalou de Fès, Sami Yousuf, un des plus grands chanteurs soufis, la grande nuit du Flamenco avec José Merce et Tomatito, le groupe Gospel Choir, Marcel Khalifa, Youssou Ndour, les chants et danses rituels des femmes de Cuba, l’art du Muwashah d’Alep etc.

Le Festival international du film de Fès pour sa première édition du Festival international du film de Fès (FIFF) a honoré le réalisateur Mohamed Abderrahman Tazi et l’artiste Abdelwahab Doukkali pour leur riche parcours artistique et cinématographique. Un hommage posthume a été également rendu à l’acteur Hassan Skalli et au dramaturge Mohammed Kaghat.

Autre moment intense, la 12ème édition du Festival de Fès de la culture soufie en octobre dernier autour de la thématique ‘’La culture soufie, un humanisme spirituel pour notre temps’’.

Fès a abrité également la 8ème édition du Festival de l’humour, initié par l’Association « des humoristes unis pour la culture et les arts » sous le thème « Fès sourit ». Quant à la 24ème édition du Festival de la musique andalouse, elle a eu lieu, sous le signe « La musique andalouse marocaine : un patrimoine en évolution ». Cette manifestation culturelle a vu la participation d’une trentaine d’orchestres issus de diverses régions du Maroc, outre une troupe espagnole représentant la ville de Séville.

Tanger et Meknès font leur cinéma

Inévitable ! On ne saurait culturellement prononcer Tanger en passant outre les 20 ans de Tanjazz qui ont été cet été exceptionnels.  D’aucuns ont qualifié cette cuvée de meilleure cru au regard du florilège d’artistes et groupes qui ont mis l’ambiance sur les différentes scènes du festival une semaine  »bloc-bloc » durant de Jazz dans toute sa splendeur et sa folie.

Pour sa part la 20ème édition du Festival national du film de Tanger (FNFT), sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI s’est ouvert en présence de figures emblématiques du 7ème art et de personnalités du monde de l’art, de la culture et des médias.  Tanger a en outre été le temps de la 2e édition du Festival des cultures maghrébines capitale du Maghreb. Une trentaine d’artistes venus des pays du Maghreb d’Algérie, de Mauritanie et de Tunisie, outre une panoplie d’artistes et d’écrivains marocains y ont participer histoire de renforcer les liens entre les peuples des pays de l’Union maghrébine. On n’occultera nullement le 25ème Festival international du cinéma méditerranéen avec la Palestine comme invitée d’honneur que la ville du Détroit a partagé avec Tétouan.

Enfin « Le Printemps du livre et des arts », organisé par l’Institut français du Maroc en partenariat avec l’ATRAC (Association Tanger Région Action Culturelle), s’est tenu dans la ville du Détroit  au mois d’avril pour une nouvelle « randonnée » dédiée à l’aventure.

Placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI la 18ème édition du Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM), a vu la participation d’une pléiade de réalisateurs et producteurs. Des 53 courts-métrages enregistrés en compétition officielle, c’est ‘’Jour extraordinaire’’ de Joanna Lurie qui a remporté le Grand prix du FICAM. Tandis que Le téléfilm « Ali Ya Ali  » d’Abdelhay Iraki, a remporté, le Grand prix de la 8ème édition du Festival de fiction télévisuelle de Meknès.

A Agadir, Timitar, Tolérance et FINIFA, des passages obligés

La 16ème édition de Timitar  un rendez-vous fédérateur organisé par l’association qui porte son nom, s’est tenue avec succès cet été à Agadir. Plus d’un million de festivaliers ont foulé trottoirs, places et plage pour applaudir des soirées riches célébrant la chanson amazighe et les cultures du monde. Victime de son succès, l’événement fait désormais partie du podium des festivals au Maroc. Le long métrage ’’L’islam de mon enfance’’ de la réalisatrice Nadia Zouaoui a quant à lui, remporté le Grand prix du 12è Festival  »Issni N’Ourgh » international du film amazigh (FINIFA) d’Agadir.

Par ailleurs, plus de 150.000 spectateurs ont foulé la plage et la corniche d’Agadir pour assister à un événement qui porte haut les couleurs du Maroc, terre d’ouverture et de multiculturalisme. Concert pour la tolérance a réuni des artistes autour de l’universalité des valeurs de tolérance, de paix et de respect.

Pensées pour ceux qui nous ont quitté

On ne saurait dire adieu à 2019 sans une pensée pour tous ceux qui nous ont quitté en route, à l’image de l’acteur marocain Abdelaziz Boualil connu sous le nom de « Aziz Maouhoub », son complice et compère l’acteur marocain Mahjoub Raji, l’acteur Mohamed Khaddi, l’actrice marocaine Amina Rachid, l’acteur marocain Abdellah Amrani ou l’auteur compositeur Hassan Megri, l’aîné des frères Megri.

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