Issad Rebrab : Dur retour à la case prison

25 Déc 2019 à 16:15 Monde
Issad Rebrab : Dur retour à la case prison

Après une détention, qui aura duré un peu plus de huit mois, l’homme d’affaires, Issaad Rebrab, patron du groupe Cevital et plus grande fortune d’Algérie, restera en prison. Il devait être jugé aujourd’hui, mercredi 25 décembre, par le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed à Alger, et répondre des chefs d’inculpation de « fausses déclarations liées à des transferts de capitaux vers l’étranger, surfacturation d’équipements importés et importation de matériels d’occasion », mais cela n’a pas été encore le cas.

En effet, le procès d’Issad Rebrab a été reporté au 31 décembre 2019 par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. La cour ayant rejeté sa demande de libération formulée par son collectif de défense le 15 décembre dernier, il sera donc maintenu en détention jusqu’au 31 décembre.

Arrêté le 23 avril dernier, Rebrab est poursuivi dans le cadre de l’affaire « Evcon », du nom de la filiale du groupe Cevital spécialisée dans l’eau ultra-pure. Ce dont il est accusé, sa défense l’a remis en cause et le réfute. Cette dernière a toujours considéré comme « abusive » la détention provisoire du patron de Cevital, vu les garanties que ce dernier a présentées.

Pourtant le ton était à l’optimisme à entendre son fils Omar Rebrab, qui avait souligné la bienveillance du gouvernement Bedoui, qui avait décidé de débloquer tous les projets de l’homme d’affaires que l’ancien gouvernement avait bloqué. « Ils nous ont dit que l’ère du passé est terminée, qu’on veut créer plus d’emplois », a souligné le fils d’Issad Rebrab. Ce dernier, qui croupit à la prison d’El Harrach où il est incarcéré, devra retourner à sa paille dans l’attente de son procès en fin d’année.

Ses avocats avaient plaidé, le 15 décembre dernier, sa libération sur la base « des nombreuses garanties légales que l’homme d’affaires présente et qui lui ouvrent le droit d’être jugé tout en étant en liberté ». Ils ont mis en avant « le fait que l’homme d’affaires soit le 1er patron d’industrie qui a construit ce que l’État n’a pas pu faire durant des années et que son problème est purement commercial, un contentieux qui aurait pu être réglé entre lui et l’administration douanière sans impliquer la justice ».

Le patron de Cevital avait été convoqué par les services de la brigade de recherches de la gendarmerie nationale, à Alger, le 22 avril dernier pour être entendu sur ses opérations d’importation d’équipements bloqués par les services des douanes au port d’Alger. L’audition prit plusieurs heures, avant que Rebrab ne soit déféré devant le parquet de Sidi M’hamed, puis devant le juge d’instruction, qui l’a placé sous mandat de dépôt, après minuit et sans assistance de ses avocats (en raison du boycott du barreau des activités judiciaires en signe de solidarité avec le mouvement de protestation populaire).

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