B737 MAX : Boeing dans la tourmente, le Congrès est saisi

25 Déc 2019 à 15:50 Monde
B737 MAX : Boeing dans la tourmente, le Congrès est saisi

Depuis le début de la crise du B737 MAX, qui a forcé son constructeur à le clouer au sol, les mauvaises nouvelles n’ont de cesse de s’accumuler pour Boeing, après deux crashs en cinq mois, où 346 passagers de Lion Air (Indonésie) et d’Ethiopian Airlines (Éthiopie) avaient péri. Les déboires de cet avion sont en train de faire plonger, pour ne pas dire « couler », l’avionneur au point d’en avoir arrêté sa construction.

Dernier épisode : Boeing a transmis, de son plein gré et de sa propre initiative, à la commission des Transports du Congrès américain, qui mène depuis mars une enquête sur les B737 MAX après ces tragédies, de nouveaux documents. Provenant d’en bas de la pyramide entrepreneuriale, ils seraient préoccupants pour reprendre la formule tournante et mettraient en cause la réponse du groupe aux problèmes de sécurité entourant l’avion.

C’est « tard dans la soirée » du lundi 23 décembre que le constructeur américain a transmis ces documents. On ne sait encore si l’annonce de démission avec effet immédiat, de son directeur exécutif, Dennis Muilenburg, est liée avec l’envoi de cette patate chaude. Toujours est-il, selon l’AFP, que les documents ont été remis aux bons soins du Congrès après l’annonce de la démission, de son directeur général, Dennis Muilenburg.

S’il se murmure que ces documents sont compromettants pour le constructeur américain, rien en revanche n’a filtré sur leur contenu. Il semblerait, selon la commission, qu’ils (documents) évoquent à la fois la préoccupation exprimée par des employés de Boeing « sur l’engagement de l’entreprise concernant la sécurité » et « les efforts de certains employés pour que les projets de production ne soient pas contrariés par les régulateurs ou autres ».

Le régulateur aérien américain (FAA) a, de son côté, confirmé avoir aussi reçu ces documents. « Le personnel continue d’examiner ces dossiers, mais, à l’instar d’autres dossiers précédemment divulgués par Boeing, ils semblent montrer un tableau très inquiétant », a déclaré son assistant au Congrès.

Les multiples enquêtes menées par les autorités de l’aviation d’Éthiopie et d’Indonésie avaient conclu à la mise en cause du logiciel anti-décrochage MCAS de l’appareil. Ils avaient aussi pointé des manquements dans certains systèmes de ces B737 Max, l’absence de formation des pilotes, et le manque d’informations entre autres défaillances, étaient tout autant incriminés.

Par ailleurs aux États-Unis, il avait été établi une connivence fatale entre le constructeur et le régulateur étatique, la FAA, qui aurait permis des processus de certification de l’avion incriminé sans vérification en laissant pour ce faire la main à Boeing.

Après la démission de son directeur général, Dennis Muilenburg, c’est David Calhoun, 62 ans, qui va être propulsé le 13 janvier à la tête de l’avionneur américain Boeing. L’homme est plus davantage associé au monde de la finance qu’au secteur aéronautique. Il aura la lourde tâche de restaurer la confiance dans Boeing, embourbé dans la crise du 737 MAX, son avion-vedette, cloué au sol depuis la mi-mars et dont bien peu de passagers sont prêts à y embarquer.

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