Génération Z: le changement climatique la préoccupe plus que tout

24 Fév 2020 à 08:09 Politique
Génération Z: le changement climatique la préoccupe plus que tout

Si l’on en croit les jeunes de la génération Z, le changement climatique est l’un des problèmes les plus importants auxquels le monde est aujourd’hui confronté. C’est ce qui ressort d’une récente enquête menée auprès de plus de 10 000 jeunes de cette catégorie de personnes,communément désignés comme les « enfants de l’an 2000 », et rendue publique par Amnesty International. 

Le changement climatique, en tête des problèmes les plus importants de notre époque ? C’est ce que pense un échantillon de 10 000 jeunes catégorisés comme « représentants de la génération Z ». Aussi appelée « génération silencieuse », car immuablement scotchée à ses engins technologiques démocratisés à grande échelle. On l’appelle également la « génération C ». La troisième lettre de l’alphabet caractériserait ainsi leur penchant pour la Communication, la Connexion ou encore la Collaboration.

Publiant ces résultats alors que les gouvernements réunis à Madrid ne sont pas parvenus à dégager des engagements clairs et prometteurs, AI considère que « l’inaction des dirigeants face au changement climatique les place en rupture avec les jeunes ». Son Secrétaire général sortant, Kumi Naidoo commente en disant qu’après une année au cours de laquelle un très grand nombre de jeunes se sont mobilisés pour le climat (le cas de l’enfant Greta Thunberg étant le plus frappant), « il n’est pas surprenant qu’une grande partie des jeunes interrogés considère cette question comme l’un des problèmes les plus importants auxquels le monde est confronté ».

Pour ces jeunes hyper connectés, la crise climatique est l’un des défis les plus cruciaux de leur époque. « Ceci est un signal d’alarme appelant les dirigeants mondiaux à prendre des mesures beaucoup plus décisives pour faire face à l’urgence climatique, faute de quoi ils trahiront encore davantage les générations à venir », dit-il.

Vision assombrie du futur

C’est l’organisme Ipsos MORI qui a mené cette enquête, subtilement intitulée « L’avenir de l’humanité » pour Amnesty auprès de plus de 10 000 personnes âgées de 18 à 25 ans. Ils ont été interrogés sur leur opinion quant à l’ »état actuel des droits humains dans leur pays et dans le monde« , aux « problématiques qui leur semblent les plus cruciales« , et « aux acteurs qui devraient être responsables de la lutte contre les atteintes aux droits humains« .

Ces jeunes interrogés ont été invités à identifier jusqu’à cinq problèmes parmi une liste de 23 qui sont d’ordre mondial. Au total, 41 % des participants ont répondu que le changement climatique était l’un des problèmes les plus importants, ce qui en fait le problème le plus souvent cité, devant la pollution et le terrorisme, sélectionnés respectivement par 36 % et 31 % des participants.

Cité par 57 % des personnes interrogées sur une liste de 10 problèmes environnementaux, parmi lesquels la pollution des océans, la pollution atmosphérique, la déforestation, et le réchauffement climatique sont également des problèmes souvent cités comme les plus importants auxquels le monde serait confronté.

« Nous devons reconnaître que la crise climatique sera sans doute l’enjeu central pour les jeunes générations. Le droit à un environnement sain, y compris à un climat sûr, est essentiel pour réaliser tant d’autres droits fondamentaux. Les jeunes sont aujourd’hui obligés de se battre pour affirmer ce droit », soutient AI.

Les autres maux de la vie 

Les résultats de l’enquête vont cependant bien au-delà de la crise climatique, car elles reflètent des luttes et inquiétudes auxquelles se sont accoutumés quotidiennement les jeunes de la génération Z dans leurs pays, notamment à travers leurs smartphones et différents supports de visionnage en ligne.

C’est ainsi que loin derrière cette préoccupation pour « l’avenir de la planète », on trouve que la corruption a été le sujet le plus cité comme problème le plus grave à l’échelle nationale (36 %), suivie de l’instabilité économique (26 %), la pollution (26 %), les inégalités de revenu (25 %), le changement climatique (22 %) et les violences faites aux femmes et aux filles (21 %).

« Cette génération vit dans un monde d’inégalités, d’instabilité économique et d’austérité croissantes, dans lequel nombre de personnes ont été abandonnées », explique l’ONG, qui ajoute que « face à tout cela, le message des jeunes est clair: Nous vivons dans un système défaillant. La crise climatique, la pollution, la corruption et les conditions de vie difficiles mettent en lumière l’alarmante vérité : les personnes puissantes ont exploité leur pouvoir à des fins égoïstes et sans vision à long terme« .

Les résultats de cette enquête sont publiés alors que des manifestations massives ont lieu à travers le monde. Les plus visibles médiatiquement sont ceux qui se déroulent en Algérie, au Chili, à Hong Kong ou encore au Liban. Des mouvements principalement dirigés par des jeunes, étudiants pour leur plus grande part, qui dénoncent la corruption, les inégalités et les abus de pouvoir. AI assure qu’en ce qui la concerne, l’analyse voudrait que « les jeunes veulent voir des transformations systémiques, que des comptes soient rendus pour l’urgence climatique et éclore un avenir complètement différent, au lieu de la catastrophe vers laquelle nous nous dirigeons ».

Les connectés préfèrent aller voter 

Cette enquête portant comme intitulé « L’avenir de l’humanité » révèle qu’en plus du changement climatique, une claire majorité des jeunes accorde également une grande importance aux droits humains en général, et considère que c’est en premier lieu leur gouvernement qui doit faire en sorte de les protéger.

Une majorité qui s’est dite d’accord avec des affirmations telles que  « la protection des droits humains est essentielle pour l’avenir des pays examinés (73 % d’accord contre 11 % pas d’accord) », « les gouvernements doivent s’occuper davantage du bien-être de leurs citoyens que de la croissance économique (63 % d’accord contre 13 % pas d’accord) », ou encore que « les droits humains doivent être protégés, même si cela a un impact négatif sur l’économie (60 % d’accord contre 15 % pas d’accord) ».

En outre, les résultats révèlent que la plupart des jeunes pensent que « voter lors des élections est un moyen efficace de permettre des changements en matière de droits humains, bien plus que participer à une grève ou à une manifestation« . AI souligne sur cette question que « si les dirigeants mondiaux sont disposés à écouter attentivement, ils comprendront que la génération Z ne demande pas simplement de petits ajustements. Les jeunes attendent des changements fondamentaux dans le fonctionnement du monde. Si les dirigeants ne prennent pas cela au sérieux, ils risquent de trahir une génération entière ».

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