Article 9 du PLF: Ouahbi corrige Ramid par rapport à son « double discours »

13 Déc 2019 à 07:35 Parlement
Article 9 du PLF: Ouahbi corrige Ramid par rapport à son « double discours »

Le Projet de loi de finances (PLF) 2019 a bel et bien été approuvé, en deuxième lecture, par la Chambre des représentants. Mais au cours des discussions précédant le vote final, le député PAM Abdellatif Ouahbi a taclé le ministre d’État chargé des Droits de l’homme et des Relations avec le parlement, Mustapha Ramid, à cause de ce qui’il a qualifié de « coup d’État » contre le tant contesté Article 9 du PLF. 

Abdellatif Ouahbi a dénoncé le fait que le ministre d’État ait déclaré devant la presse et dans les coulisses son rejet l’Article 9, « même s’il était présent à la réunion du Conseil de gouvernement qui a approuvé cet Article, puis devant le roi au Conseil des ministres« , au vu de « l’importance que cela revêt dans l’engagement moral et constitutionnel envers le président du Conseil des ministres, c’est-à-dire le chef de l’État« , autrement dit, le Roi.

« Rien que pour cela, il (Mustapha Ramid, NDLR) est un membre lié par les directives et la solidarité gouvernementales en tant qu’obligation constitutionnelle, politique et morale, mais il a clairement préféré violer le principe de solidarité gouvernementale« , a poursuivi l’élu PAM de Taroudant dans son intervention aux allures de diatribe.

Il a également exprimé sa « stupéfaction » par rapport à « l’intense crispation que cette loi (le PLF 2020, NDLR) a suscité parmi les groupes parlementaires qui ne se sont pas appropriées le bon sens requis par l’éthique politique, régie avant tout par la confiance, et ensuite la crédibilité qui devrait caractériser les paroles, les actions et les positions exprimées« . L’avocat de profession a ajouté que le consensus parlementaire trouvé sur l’Article 9 s’est transformé en « consensus politique des partis« , et fait remarquer que les députés PAM ont été « surpris par la violation totale par certains de cet accord au sein de la Chambre des conseillers ».

Arrangement désengrené 

Complot, violations des accords et de l’éthique, manœuvres discrètes… Abdellatif Ouahbi a estimé que l’accord trouvé « a fait croire à tout le monde que l’opposition s’activait au service du gouvernement et de la majorité gouvernementale, et que La Chambre des représentants est subalterne, et que la Chambre des conseillers dispose d’une majorité qui ne vote pas sur les lois du gouvernement« .

Souhaitant rectifier cet ensemble d’informations précédant le vote final du PLF, le député déclare que l’engagement du PAM, en tant que formation d’opposition gouvernementale, à travers la décision collective sur l’Article 9 « malgré son amertume » était basé sur « le sens des responsabilités et le respect des obligations et des promesses, en plus d’une appréciation de la valeur de maintien de la stabilité des établissements publics, tout en poursuivant la continuité les services sociaux« .

Le député a également tenu à dénoncer « les actions des partis et des groupes parlementaires qui ont manipulé et même sous-estimé le consensus qui a eu lieu à la Chambre des représentants, ce qui nous fait aujourd’hui remettre en question toute action commune ou commissions mixtes quant à l’avenir« .

Il a estimé que la deuxième lecture du PLF a « révélé à nouveau les troubles politiques et l’absence d’harmonie entre les partis de la majorité gouvernementale« , et a « affirmé concrètement qu’il n’y a pas de coordination entre ses composantes parlementaires et le gouvernement« .

Ouahbi en veut pour « preuve » que dans le cadre de la deuxième lecture du texte déposé après son adoption par la deuxième Chambre, le ministre de l’Economie et des Finances, membre à part entière de la majorité gouvernementale, « a levé contre nous le veto de l’Article 77 de la Constitution , face aux amendements approuvés par la même majorité à la Chambre des conseillers, dans une confusion politique et morale claire« .

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