Abandon de poste: La riposte des directions provinciales aux enseignants grévistes

12 Déc 2019 à 07:19 Education
Abandon de poste: La riposte des directions provinciales aux enseignants grévistes

Les directions provinciales du ministère de l’Education nationale ont commencé à activer la procédure d’abandon de poste à l’encontre des enseignants titulaires de diplômes supérieurs, en grève nationale depuis le lundi 2 décembre dernier, a appris Hespress FR. PrévuE initialement jusqu’au vendredi 6, elle a finalement été prolongée du 9 au 14 de ce mois en guise de protestation contre le non règlement du dossier revendicatif de cette catégorie d’enseignants.

Plusieurs lettres ont été adressées en ce début de semaine par les directeurs provinciaux au sujet de l’entame de la procédure d’abandon de poste à l’encontre des enseignants grévistes. Des lettres que ces responsables du ministère au niveau provincial ont transmises aux directeurs d’établissements d’enseignement relevant de leur périmètre d’action. La raison ainsi mentionnée dans ces lettre étant l' »absence du travail depuis le 2 décembre 2019, ou après cette date selon les cas« .

Les directeurs provinciaux ayant opté pour cette mensure ont également demandé, dans le cadre de leur correspondance avec les directeurs d’établissements scolaires dont ils relèvent, qu’on leur fournisse « d’urgence », des copies des lettres d’avertissement adressées aux professeurs concernés par cette mesure conduisant au détachement des services du ministère. Une demande dans le but d »‘achever le reste des procédures ».

Contacté par Hespress FR, Abdennaser Naânaâ, membre du Bureau national du Syndicat national de l’enseignement (SNE, affilié à la CDT)  confirme l’entame de procédures d’abandon de poste « contre des enseignants connus pour être leaders ou coordinateurs », et déclare « condamner ces méthodes d’intimidation, qui impliquent une suppression des libertés« .  Le responsable syndical, qui suit le développement de cette affaire, explique que « ces gens n’abandonnent pas leur poste mais sont venus manifester à la capitale, Rabat en vue de faire entendre des revendications légitimes« .

Répondant sur le volet légal, Abdennaser Naânaâ souligne que « juridiquement, on applique cette procédure lorsque quelqu’un ne se présente pas à son cours scolaire pour des raison personnelles, et non pour raisons objectives liées à l’exercice du droit syndical, lui même lié au droit de la grève« .

Faisant savoir que le dossier revendicatif des enseignants titulaires de diplômes supérieurs « fait partie des 22 dossiers toujours non traités par le ministère de tutelle« , notre source critique une « une mentalité insensible à l’utilité du dialogue et le considèrent comme secondaire, alors qu’il s’agit d’une question sensible par rapport à la paix sociale« .

Rappelons que la Coordination nationale des enseignants titulaires de diplômes supérieurs est entrée en grève qu’elle présente comme « nationale » depuis le 2 décembre dernier en exigeant du gouvernement et du ministère de tutelle de « répondre positive à leurs luttes pacifiques et responsables », et d' »ouvrir un dialogue sérieux menant au règlement de ce dossier ».

EN: le ministère reporte sine die ses réunions avec les syndicats