Académie Goncourt : Bernard Pivot tourne sa page

04 Déc 2019 à 15:44 Culture
Académie Goncourt : Bernard Pivot tourne sa page

Bernard Pivot, défenseur acharné de la langue française, quitte l’Académie Goncourt qu’il présidait depuis cinq ans et dont il était membre depuis quinze ans. L’annonce a été faite ce mardi sur les réseaux sociaux.

Bernard Pivot avait fait part en juin, aux académiciens don qu’il allait se retirer à la fin de l’année (30 décembre 2019) l’Académie Goncourt. Aussi hier mardi, ils l’ont fêté à l’occasion de la dernière réunion de l’année. C’est « pour retrouver un libre et plein usage de son temps », a commenté l’institution sur son site.

En effet, l’ancien journaliste a gazouillé ce matin sur son compte Twitter : « À 84 ans, je vois bien que les étés, les beaux étés seront peu nombreux. Désormais, les vivre pleinement avec mes proches plutôt que les passer dans la lecture de dizaines de romans goncourables. L’égoïsme est aussi une bonne gestion de la vie ». Il reste cependant membre d’honneur de l’institution dont il détenait les clés.

Bernard Pivot a marqué les belles heures de la télévision française avec notamment « Apostrophes », « Bouillon de culture », ou encore les fameuses « Dicos d’or », un célèbre championnat d’orthographe, pour donner tous ses droits à la dictée et réconcilier les francophones du monde entier avec l’orthographe. Ce passionné de littérature a été le premier non-écrivain à rallier l’Académie Goncourt et personne n’a eu à en redire.

Mais depuis, il s’est rattrapé. En 2016 il présentait son livre « Au secours ! Les mots m’ont mangé ». Son amour pour la langue française remonte à loin, avait-il expliqué à l’époque. « Je suis un enfant de la guerre. J’étais réfugié avec ma mère dans un petit village du Beaujolais (près de Lyon), et mes seuls livres étaient un dictionnaire et les fables de La Fontaine. La Fontaine me parlait de zéphyr ou d’aquilon, et Le Petit Larousse me renseignait sur ces mots étranges ». Une de ses plus grandes fiertés est d’être entré dans le Petit Larousse en 2013.

Bernard Pivot n’a écrit à ce jour que deux romans et pourtant c’est un grand homme de lettres : « L’amour en vogue » (1959) et « Oui, mais quelle est la question ? » (2012). En parallèle, il est l’auteur de plusieurs essais, sur la langue française, mais aussi sur ses deux autres grandes passions : le vin et le football. D’ailleurs à ce propos, dans l’un, de ses derniers tweets, paru hier il « singeait » Lionel Messi : « C’est à la fois admirable et déconcertant de constater que le meilleur joueur de football du monde, de tous les temps, Lionel Messi, six Ballons d’or, est un petit bonhomme avec une tête de garçon de café sympa et une silhouette d’employé de bureau ».

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