La France annule un don de six bateaux à la Libye

02 Déc 2019 à 16:49 Monde
La France annule un don de six bateaux à la Libye

La France a renoncé à livrer les garde-côtes libyennes de six embarcations rapides semi-rigides de 12 mètres, dites Silinger. L’abandon de ce projet sous forme de don à la Libye, par la France a réjoui les huit ONG demanderesses qui s’en étaient remises à la cour administrative d’appel de Paris (avril) pour lui demander l’annulation de cette livraison.

La ministre des Armées de la France, Florence Parly, avant que d’être contrainte a pour ainsi dire précipiter quelque peu les évènements en réagissant par l’annulation de cette donation de la France à l’armée libyenne. « La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d’embarcations », a-t-elle déclaré.

C’était elle-même qui avait en février dernier avait annoncé la livraison des six embarcations rapides Sillinger, afin de permettre un meilleur contrôle de la côte méditerranéenne de la Libye d’où partent des milliers et des milliers de migrants, qui tous, ne vont pas au bout du voyage envisagé et dont certains périssent noyés en mer.

Peu de migrants échappent à un triste sort. Rares sont ceux recueillis par les bateaux des ONG ou qui arrivent sur le sol européen. Les garde-côtes libyens généralement les recueillent avant leur épopée. Quand ils ne les laissent pas mourir en mer, ils les enferment dans des centres aux conditions pires que celles d’un pénitencier.

Les huit ONG (Amnesty Internationale France, ASGI, La Cimade, Ligue des droits de l’Homme, Médecins sans frontières, Migreurop) qui avaient saisi la justice française saluent cette décision qui « aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye ». Mais s’ils s’en félicitent, ils somment cependant Paris de poser « des conditions strictes à toute coopération bilatérale et européenne avec la Libye afin que les droits et la sécurité des migrants soient garantis et respectés ».

Plongé dans le chaos depuis 2011 et la chute du régime de Mouamar Kadhafi, le pays est divisé en deux factions et est en proie à un conflit armé entre les forces de l’Est (maréchal Khalifa Haftar) et celles de l’Ouest, du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par L’ONU.

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