« Moul Kaskita » : Jusqu’où préserver la liberté individuelle ?

« Moul Kaskita » : Jusqu’où préserver la liberté individuelle ?

Un communiqué du Procureur du Roi près le tribunal de première instance de Settat, émis par la MAP dans la journée du 1er décembre, indique que le youtubeur dénommé « Moul Kaskita » a été arrêté suite à la publication d’une vidéo comprenant des injures à l’encontre des citoyens marocains et des propos touchant à leur dignité et à leurs institutions constitutionnelles.

« Suite à la publication d’une vidéo sur YouTube en date du 29 novembre 2019 sur une chaîne portant le nom Moul Kaskita, comprenant des propos injurieux à l’encontre des citoyens marocains et touchant à leur dignité et à leurs institutions constitutionnelles. L’individu concerné a été arrêté et placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête », précise le communiqué. La même source ajoute qu’une petite quantité de drogue a été trouvée en sa possession au moment de l’interpellation. Le mis en cause sera déféré devant le parquet dès la fin de l’enquête en vue de prendre la décision juridique appropriée à son encontre, conclut le communiqué. Voilà pour l’officiel.

Pour nous autres, la énième arrestation de Mohammed Sakaki dit « Moul Kaskita » plus connu sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Facebook sous son pseudo, n’est pas réellement une surprise, tant il est récidiviste de ces méfaits. D’ailleurs, lors de son dernier « séjour », Sakaki en est sorti bien mieux portant qu’il n’en est rentré.

En réalité son « militantisme » de circonstance sur tout ce qui a trait au quotidien et à l’actualité au Maroc a, cette fois, dépassé les bornes. En s’attaquant aux sacralités du royaume et de ses citoyens, des valeurs que notre Constitution protège et à celles de ses concitoyens, il a fait fort dans le dévergondage.

Ces derniers temps on assiste à une multiplication d’incidents du genre. Et pour Mohammed Sakaki, qui a déballé dans ses critiques acerbes ses statuts (diplômes), ne doit pas ignorer les lignes rouges de notre Constitution, que l’on rappelle, est passée largement aux urnes. Moul Kaskita de son attitude pour le moins « simpliste », « grossière » et « primaire », mine de rien, pose un sérieux problème de l’espace des libertés individuelles. Jusqu’où peuvent-elles aller, tant qu’elles ne touchent pas à l’identité nationale et aux caractéristiques invariables du Marocain ?

Malheureusement, les plateformes digitales (des libertés d’expression dont on ne contourne ni l’étendue ni les conséquences) permettent d’outrepasser des lignes rouges par n’importe qui, disant n’importe quoi. En effet, Mohamed Mounir, alias « L’Gnawi », s’adonnant à l’art du Rap, s’est vu condamné à un an de prison pour « outrage et insultes », suite à la publication sur la plateforme de vidéos, d’un titre dans lequel celui-ci « s’attaquait » aux fonctionnaires de police, ainsi qu’aux institutions de l’État.

Ainsi, Mohammed Sakaki a utilisé ce subterfuge virtuel pour véhiculer librement des messages et autres idées, qui sont plus des insultes qu’une réelle analyse d’une situation donnée.

L’on s’attend bien à ce que justice soit faite, surtout que l’application du Code pénal est faite pour préserver l’espace public. C’est du lourd qui attend le youtubeur, qu’il garde ou qu’il change de casquette.

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