Hirak: Les familles des détenus pointent le CNDH et évoquent un « Tazmamart bis »

27 Nov 2019 à 18:15 Politique
Hirak: Les familles des détenus pointent le CNDH et évoquent un « Tazmamart bis »

Réunis au sein de l’Association Thafra pour la fidélité et la solidarité, les familles des détenus du Hirak du Rif ont observé un sit-in devant le siège du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à Rabat. Outre la « demande de libération » de leurs proches et réalisation des revendications socio-économiques du mouvement, ils réclament le droit de visiter les détenus se trouvant à la prison de Ras El Ma à Fès, où les dirigeants du Hirak purgent leur peine. Ils ont assuré au cours de cette manifestation « n’avoir pas le droit d’accéder » audit établissement pénitencier « depuis plus d’une semaine ».  

Alors que la Sous-Secrétaire générale de l’ONU aux affaires humanitaires Ursula Mueller se trouve au Maroc pour une visite de trois jours durant lesquelles elle prend notamment part à une conférence à Rabat célébrant le 70e anniversaire de l’adoption des Conventions de Genève, les familles des détenus du Hirak du Rif se sont rassemblées devant le siège du CNDH.

Cr: Mounir Mehimdate

Une soixante-dizaine étaient présents au cours de ce sit-in. Déclarant leur soutien aux détenus du Hirak, des syndicalistes, acteurs associatifs et défenseurs de droits de l’Homme se sont joints aux familles de l’association Thafra. Trois activistes libérés du Hirak de Jerada ont également fait le déplacement à la capitale pour attester de leur solidarité.

Cr: Mounir Mehimdate

Mohamed Ahamjik, frère du surnommé « Dynamo du Hirak », Nabil Ahamjik a déclaré à Hespress Fr que « les familles des détenus politiques dans le cadre du Hirak du Rif sont venues rappeler au CNDH ses prérogatives constitutionnelles en demandant de rendre public le rapport sur la torture, élaboré sous la direction de Driss Yazami« . Il estime que « la publication de ce rapport se rajouterait aux preuves irréfutables de l’innocence de nos frères détenus« .

Cr: Mounir Mehimdate

Hanane, la sœur de Mohamed El Haki, activiste du Hirak condamné à 15 ans de prison ferme, indique pour sa part que « les familles condamnent les pratiques et restrictions imposées aux détenus politiques du Rif, notamment ceux de la prison de Ras El Ma de Fès« .

Cr: Mounir Mehimdate

S’agissant de la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les détenus du mouvement, notre interlocutrice répond: « Nous ignorons comment ils vont et dans quel état de santé ils se trouvent, car la visite nous a été interdite il y a plus de dix jours, de même pour les contacts téléphoniques avec les avocats du Comité de défense« .

Cr: Mounir Mehimdate

Hanane El Haki précise également que ces derniers « sont allés les voir hier, sans avoir droit d’accéder ». Dans le même registre, Bilal, le frère du détenu Bilal Adahchour, un autre condamné à 15 ans de prison ferme, ne cache pas son inquiétude en nous expliquant que « le CNDH doit jouer son rôle en visitant les détenus« .

Ahmed Zefzafi, père du leader du Hirak Nasser Zefzafi, et président de l’association Thafra est intervenu au cours de cette manifestation. « Je dis à l’institution derrière moi, et à sa présidente, que nos enfants sont dans les prisons à cause de son obstruction du rapport médical et au nom des familles des détenus, je la tient pour responsable de la situations dans laquelle se trouvent nos enfants », a-t-il notamment déclaré en comparant la prison de Ras El Ma à « un Tazmamart bis« .

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