Equipe nationale, Vahid, Harit, Ziyech… Les confidences de Fayçal Fajr

15 Nov 2019 à 16:20 Sport
Equipe nationale, Vahid, Harit, Ziyech… Les confidences de Fayçal Fajr

Fayçal Fajr fait partie des joueurs convoqués pour prendre part aux éliminatoires de la CAN 2021, dès ce soir, face à la Mauritanie. Avant cette rencontre à grande envergure, l’international marocain s’est entretenu avec France Football pour dresser le bilan des derniers mois « compliqués » de la sélection. Le joueur de Getafe est également revenu sur les débuts de Vahid Halilodzic, en évoquant le cas de nombreux de ses coéquipiers, tels que Amine Harit, absent de la sélection, et Hakim Ziyech dont les attentes sont nombreuses. 

Avant toute chose, l’ancien de Caen est revenu sur l’épisode marquant de l’équipe nationale, celui de son élimination surprise en 8e de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 face au Bénin. Le Lion de l’Atlas admet que cette expérience l’a marqué à vie, jusqu’à en perdre le sommeil.

« Ça été de la déception, de la frustration. C’est dur de revenir sur cet épisode, mais ce sera gravé à vie. C’est comme ça. Pendant quatre mois, tu te remémores la Coupe d’Afrique, avec des images qui te reviennent. Le sommeil était un peu perturbé après la CAN. Il va falloir penser à autre chose. On ne peut pas dire qu’on est en reconstruction », a-t-il déclaré.

« Il faut repartir de l’avant. Il y a un nouveau coach, avec une nouvelle façon de travailler. Au Maroc, le football est quelque chose de super important. Tout le monde aime le foot, et c’est normal qu’il y ait eu de la déception », a-t-il ajouté.

Une reprise de confiance graduelle

Une période qui a également marqué le départ de Hervé Renard et l’arrivée de Vahid Halilodzic, qui a annoncé la couleur au tout début, se montrant intransigeant avec les joueurs. Fajr n’a pas manqué de mettre en avant l’engagement et la détermination de son coach pour faire revivre un groupe touché par ce ratage en CAN.

« Coach Vahid, c’est quelqu’un qui bosse beaucoup, qui parle beaucoup, qui essaie d’être proche des joueurs. Aujourd’hui, dans le football moderne, c’est ce qu’il faut dans une sélection ou une équipe : une cohésion de groupe, de l’exigence, du travail… », a-t-il jugé, commentant les débuts du technicien bosnien et son impact positif sur les joueurs.

« Il a amené cette envie de tout donner sur le terrain pour essayer de créer quelque chose. Il fallait redonner de la confiance, car après cette CAN, c’était difficile pour les supporters comme pour nous. On n’est pas satisfaits, on n’est pas heureux. On est les premiers frustrés, mais il ne faut pas s’arrêter là. Ça fait du bien d’écouter ces paroles-là, de repartir de l’avant. Ça ne va peut-être pas être tout beau, tout neuf au début, mais il nous montre qu’il a envie et on doit être derrière et avec lui ».

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Vahid coach au grand cœur, Harit un talent pur

Souvent critiqué pour ses méthodes « peu conventionnelles » et ses sorties médiatiques « musclées », Vahid peut compter sur le soutien de Fajr, qui estime que l’ancien sélectionneur de l’Algérie « parle avec le cœur ».

« Pour moi, et, je pense, pour les joueurs, il n’y a rien qui me perturbe et qui me fait dire qu’il est différent. C’est peut-être son franc-parler, il parle avec le cœur, il dit ce qu’il a à dire, ce n’est pas un tricheur (…) Quand il est venu, son discours a été correct et normal. À aucun moment il a fait passer un message comme quoi ça allait être comme à l’armée », estime le milieu de terrain âgé de 31 ans.

Le natif de Rouen s’est exprimé à son tour sur l’absence de Amine Harit au sein du groupe, lui qui brille pourtant en Bundesliga. S’il avait été fortement taclé par le coach en conférence de presse, le joueur de Schalke 04 continue de séduire son coéquipier, qu’il considère comme l’un des « meilleurs joueurs du championnat allemand ».

« Moi qui suis proche d’Amine, je sais que ça le touche de ne pas venir. Ça lui fait quelque chose. Il aime le Maroc, il a la mentalité, mais la décision revient à l’entraîneur, il nous le fait comprendre et il faut la respecter », a-t-il expliqué.

« On est derrière Amine, mais ça prouve qu’aucun joueur n’est indispensable en sélection, n’est au-dessus de la sélection, alors qu’Amine est un des meilleurs joueurs du Championnat allemand. Un talent pur », juge-t-il.

Ziyech, une mentalité « revancharde »

Durant cet entretien, le Lion de l’Atlas a parlé d’un autre de ses coéquipiers, qui lui sera bien présent ce soir sur la pelouse du complexe sportif Prince Moulay Abdellah : Hakim Ziyech. Vivement critiqué après ses prestations lors de la CAN 2019, et notamment le penalty qui a coûté l’élimination au Maroc.

Les supporters marocains en attendent beaucoup de la star de l’Ajax Amsterdam qui, selon Fajr, est capable de faire toute la différence et de montrer qu’il peut accomplir de grandes choses, comme à l’Ajax Amsterdam.

« Il a été le premier frustré après cette CAN. Je pense qu’il va peut-être avoir un côté revanchard. Il a la mentalité. Il est au service du groupe. Il était déjà un cadre, mais il va l’être, je pense, encore plus. Il va avoir encore plus les projecteurs sur lui, on va en attendre encore plus de lui parce qu’il fait des choses formidables avec l’Ajax », a-t-il expliqué avant d’ajouter :

« Peut-être que les Marocains attendent qu’il fasse la même chose qu’à l’Ajax. Mais c’est différent. Il a en tout cas envie de le faire. J’espère que ça va le faire. Il en est capable. Je lui souhaite tout le bonheur en équipe nationale. Les gens s’arrêtent sur la défaite, mais il ne faut pas oublier tout ce qu’il a pu faire avant. Je sens qu’il a envie et qu’il va être prêt pour ramener l’équipe vers le haut. Mais si on veut redevenir une équipe redoutable, même si on l’est toujours, ça passera par créer un groupe, sans qu’un joueur soit au-dessus d’un autre ».

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