Hirak : La DGAPR et le CNDH à couteaux tirés

15 Nov 2019 à 13:27 Politique
Hirak : La DGAPR et le CNDH à couteaux tirés

La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a exprimé sa « surprise devant la diffusion par des sites Web d’information provenant d’un communiqué du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) ». Une réaction qui fait suite à la visite d’un comité de l’institution dirigée par Amina Bouayach, aux activistes du Hirak du Rif détenus à la prison de Ras El Ma à Fès. Six d’entre eux, dont le leader Nasser Zefzafi, ont fait l’objet de mesures disciplinaires pour « violations commises dans la prison locale ». 

La réponse de la DGAPR estime que le relais de ce qui était mentionné dans le communiqué du CNDH concernant des « meurtrissures sur deux détenus », au lieu de parler uniquement de certificats médicaux d’arrêt de travail pour des fonctionnaires de l’établissement pénitencier, « montre à travers les descriptions données qu’il y a une nette partialité en faveur des détenus aux dépens des fonctionnaires de l’établissement ». La délégation de Mohamed Salah Tamek a affirmé que ces derniers « ont obtenu d’un hôpital public une preuve médicale légale reflétant l’étendue des abus qu’ils ont subis de la part des détenus concernés ».

La DGAPR souligne ainsi qu’« aucune étude n’a été menée pour déterminer l’étendue des dommages causés à ces fonctionnaires » par le comité relevant du CNDH,  qui a rendu visite aux six détenus de la prison de Ras El Ma, qui font l’objet de mesures punitives.

Accusation de « parti pris »

La Délégation en charge de l’administration pénitentiaire déclare en outre que les représentants du CNDH auprès des détenus « ont fait preuve de mépris incompréhensible pour le droit des fonctionnaires d’être pris en compte et protégés par le Conseil ». A contrario du Conseil, qui a décrit ce qui s’est passé entre les détenus du Hirak du Rif de la prison de Fès et les gardiens de la prison comme des « accrochages » », la DGAPR qualifie cette description de « totalement fausse », accusant les détenus en question de « rébellion », « désobéissance », d’« agression contre le personnel de la prison », et de « déchirure de leur uniforme ».

Et de son côté, le communiqué du CNDH qui rend compte de sa visite aux détenus subissant des « mesures disciplinaires » a évoqué « un manque des conditions d’aération et d’éclairage (…)  d’une manière qui ne respecte pas l’ensemble des 31 règles minimales pour le traitement des prisonniers ».

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