Irak : Les manifestants ravivent leur flamme grâce à l’ONU

13 Nov 2019 à 16:22 Monde
Irak : Les manifestants ravivent leur flamme grâce à l’ONU

L’Irak est secoué depuis plus d’un mois par un vaste mouvement de révolte dénonçant la corruption qui gangrène le pouvoir et l’incapacité du gouvernement à fournir la population de services publics élémentaires (eau et l’électricité). Cette insurrection si l’on peut oser le mot est réprimée dans le sang et a fait au moins 319 morts et près de 12.000 blessées. Et même si les violences ont baissé d’intensité ces dernières 48 heures depuis que l’Irak a été mise au banc des accusés à l’ONU à Genève, le nombre de victimes continue d’augmenter.

Sur le terrain bien qu’amoindrie (large campagne d’arrestations et d’intimidations) la mobilisation reste de mise et des milliers d’Irakiens affluent dans la rue à Bagdad et dans les villes du Sud, majoritairement chiite, du pays pour manifester. En ce mercredi, les contestataires sont même descendus en masse et de plus belle, profitant en cela de la pression que fait subir l’ONU à la classe dirigeante du pays.

La place Tahrir de Bagdad, épicentre de la contestation, s’est remplie de nouveau, notamment après l’appel à la grève générale des enseignants a constaté l’AFP. A Bassora, à Nassiriya et Diwaniya, dans le sud chiite, les écoles n’ont toujours pas rouvert et la désobéissance civile fait toujours loi et ce depuis plusieurs semaines.

Pour les nombreux manifestants du sud, le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique irakienne, a donné un nouvel élan au mouvement lundi en estimant que « les manifestants ne peuvent pas rentrer chez eux sans les réformes nécessaires ».

La cheffe de la mission d’assistance de l’ONU en Irak (Unami), Jeanine Hennis-Plasschaert, devait y présenter les résultats de ses discussions avec le dignitaire religieux Sistani. Le plan onusien prévoit de réviser la loi électorale et d’amender la Constitution de l’un des pays les plus riches en pétrole au monde, mais aussi l’un des plus corrompus. Les manifestants exigent plus qu’un amendement, ils revendiquent en plus du départ de la classe dirigeante, le changement de la Constitution.

Le Premier ministre Adel Abdel Mahdi maintient le motus quant à sa démission et s’affiche aux côtés du président Barham Saleh. Tous deux ont même tenu des réunions avec les partis politiques. L’ingérence du puissant général iranien Qassem Soleimani, qui intervient régulièrement dans les affaires irakiennes n’y est pas pour rien.

Et il se murmure que tout ce beau monde se serait entendu pour étouffer la contestation, quitte à recourir à la force, ce qui est déjà de leur ressort. Même la région autonome du Kurdistan irakien y a mis du sien en rejoignant le pouvoir en place. Un ralliement forcé de crainte de perdre des acquis comme par exemple le statut de l’autonomie. Bref il n’y a pas place à la contestation populaire en Irak qui s’en remet aux Nations Unis.

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