Mercer dévoile les priorités des travailleurs casablancais

08 Nov 2019 à 16:43 Société
Mercer dévoile les priorités des travailleurs casablancais

Mercer a dévoilé, ce jeudi 7 novembre, une nouvelle étude intitulée « Les employés d’abord : Stimuler la croissance dans les mégapole émergentes ». Ainsi, le cabinet américain s’est intéressé aux besoins des employés issus de 15 villes dans le monde, dont Casablanca.

Dans le monde entier, il y a une croissance extraordinaire pour les villes, les entreprises et les habitants. Entre 2010 et 2025, près de la moitié (47%) de la croissance du PIB viendra de 443 villes de pays émergents qui attireront un milliard de nouveaux consommateurs. C’est à partir de se postulat que le cabinet Mercer, leader mondial du conseil en ressources humaines, en santé prévoyance, en retraite et en investissements, a décidé de lancer une étude sur 15 villes au niveau mondial dont Casablanca, une des trois villes africaines présente dans le rapport « Les employés d’abord : Stimuler la croissance dans les mégapole émergentes ».

« Qu’est-ce qui amènera les travailleurs les plus qualifiés à faire évoluer ces villes du futur et que faire pour les motiver à rester ? C’est exactement ce que nous avons voulu déterminer dans l’étude », nous explique Amine Lazrak, Directeur général Mercer, Afrique du Nord et Afrique francophone.

Une étude qui concerne 15 villes de pays émergents

Les villes émergentes sont confrontées aux pressions de la recherche, du développement et de la conservation de leurs employés les plus qualifiés. Cette pression est accentuée par le fait que les travailleurs ambitieux, mobiles et motivés représentent toujours un risque de fuite. Pour mieux comprendre la complexité des motivations des employés, Mercer a entrepris d’interroger 7 200 personnes dans 15 villes de sept pays. « Cette étude nous permet de comprendre pourquoi quelqu’un voudrait déménager dans une ville spécifique ou y vivre et ce que les employeurs doivent faire afin de les fidéliser à l’entreprise », nous dit Samira El Asmar, Directrice du développement des villes chez Mercer.

Le cabinet américain s’est ainsi concentré sur quatre besoins vitaux et interdépendants, à savoir l’Humain, la Santé, l’Argent et l’Emploi. Ces besoins ont été déclinés dans un classement de 20 facteurs décisionnels par importance pour comprendre ce qui motive les gens à bouger ou à rester dans une ville et comment adapter les programmes et les solutions à ces besoins.

L’emploi, la priorité des Casablancais

Ainsi à Casablanca, les travailleurs mettent en tête de liste de leurs priorités l’Emploi pour 89% des sondés. « Il est important pour les employés casablancais de pouvoir continuer à développer leurs compétences professionnelles et personnelles », résume l’étude qui indique également que 39% d’entre eux craignent de perdre leur travail dans les cinq prochaines années. Deuxième priorité des travailleurs Casablancais, l’argent (84%) est un facteur non négligeable d’autant plus lorsqu’il y a un accès à un régime d’épargne-retraite ou de pension. A noter que 66% aimerait changer de travail pour gagner plus.

En troisième position, les Casablancais ont plébiscité la santé pour 82% des sondés. Il est révélé dans cette étude que les programmes de santé et de bien-être subventionnés par l’employeur est « important » car 96% déclarent être stressé par le rythme de travail. Enfin, l’humain est quelque peu délaissé par les travailleurs de la capitale économique puisque seulement 47% en font une priorité.

De grandes disparités entre employeurs et employés

Evidemment, les perspectives et priorités des employeurs ne sont vraiment pas les mêmes. « Nous avons appris que les employeurs comprennent mal ce qui motive les gens à déménager dans une ville et à y rester », souligne Samira El Asmar. De manière générale, les employeurs pensent que le premier facteur qui détermine le choix de leurs salariés est celui de la carrière et des opportunités de travail. En réalité, les employés interrogés ne le placent qu’en 5ème position dans leurs besoins.

A Casablanca, par exemple, les employés considèrent satisfaction de son cadre de vie comme le facteur le plus important à l’heure de décider de l’endroit où vivre et travailler. Le top 3 est complété par la sécurité et le salaire et bonus. Le transport et la circulation, la qualité de l’air et de l’eau et les soins de santé abordables sont aussi dans le top des facteurs pris en compte dans leur décision.

« Dans cette optique, les gouvernements et les grandes entreprises ont un rôle à jouer pour rendre les villes plus attrayantes en répondant aux besoins les plus pressants des employés », souligne Amine Lazrak, directeur général de Mercer en Afrique du Nord et en Afrique francophone. Les résultats de l’étude sont clairs: il y a un réel fossé entre les décisions des employés et ce que pensent les employeurs.

Des villes sous-performantes

« De manière non négligeable, la plupart des travailleurs affirment que leurs villes sont sous-performantes », pour répondre à leurs besoins, notamment en matière de sécurité et d’infrastructures. « Les employés s’attendent à ce que les grandes institutions disposent des ressources et de l’autorité nécessaires pour apporter des changements réels », peut-on lire dans le rapport.

Cependant, Casablanca ne s’en sort pas trop mal. La capitale économique est classée en progression parmi les villes qui présentent un écart moyen entre les attentes et la performance.

« Pour accélérer les progrès à grande échelle et créer les environnements dans lesquels les travailleurs et leurs familles puissent prospérer, et pour étayer une croissance économique durable pour tous, les entreprises et les gouvernements doivent travailler de concert pour répondre aux besoins futurs des employés qu’ils tentent d’attirer », souligne Aine Lazrak.

L’étude dresse un constat mais propose aussi des solutions, pour que ces villes émergentes, « qui sont confrontées aux pressions de la recherche, du développement et de la conservation de travailleurs hautement qualifiés », les motivent à rester. En outre, faire passer l’humain avant, « people first », penser global mais personnaliser les offres.

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