WhatsApp : Le Maroc touché par une affaire d’espionnage de grande envergure

31 Oct 2019 à 12:42 High-tech
WhatsApp : Le Maroc touché par une affaire d’espionnage de grande envergure

Facebook est peut-être visé par le gouvernement des États-Unis pour manipulation des données de ses utilisateurs, mais ils ne tolèrent en rien que l’on fasse de même à son insu. La plateforme sociale s’est attaquée à une compagnie technologique israélienne, qui aurait piraté WhatsApp, afin de surveiller des journalistes et activistes dans le monde entier.  Le Maroc est également touché.

Facebook est souvent ciblé pour mauvais usage des données de ses utilisateurs, notamment du fait que celui-ci les transmet à des compagnies pour des usages publicitaires. Toutefois, le réseau social de Zuckerberg n’aime pas qu’on fournisse ou exploite les données de ses utilisateurs. C’est dans ce sens que Facebook est parti à l’assaut de la compagnie israélienne, NSO Group, qu’il accuse d’avoir développé un malware dont le but est d’espionner certains de ses utilisateurs à travers le globe.

En effet, il s’est avéré que la compagnie a mis au point un logiciel malveillant capable d’effectuer des appels vidéo sur WhatsApp, donnant un accès complet aux données de journalistes, activistes, figures politiques et avocats un peu partout dans le monde. Nul besoin de répondre pour être piraté, puisque le malware en question agit de façon à simuler un appel en provenance d’un numéro inconnu, basé en Israël, pour que l’on soit infecté.

Le Maroc n’échappe pas à l’attaque

Les équipes sécuritaires de WhatsApp ont travaillé en étroite collaboration avec les chercheurs de l’université de Toronto pour mettre à la lumière du jour les méfaits du programme informatique. Il s’est avéré par la suite que celui-ci est étroitement lié à l’un des plus néfastes et dangereux malwares de l’histoire de la cybersécurité et de l’espionnage, à savoir « Pegasus », qui avait même ciblé le Maroc pendant un moment.

Pegasus, développé par ladite compagnie israélienne, était utilisé pour surveiller des figures politiques au Maroc, ainsi que des activistes, sans que l’on sache toutefois l’identité ou la source des espions. Toutefois, l’on a pu les limiter à certains pays, dont l’Algérie, la Côte d’Ivoire, la France, ou encore la Tunisie. Par ailleurs, celui-ci ciblait en particulier deux des 3 opérateurs nationaux pour transmettre et suivre les personnes ciblées. Pegasus serait d’ailleurs toujours en état de marche au sein du royaume, selon plusieurs experts en sécurité informatique.

Cela dit, le nouveau malware de NSO aurait ainsi ciblé 1400 téléphones à travers le monde à ce jour. Facebook a ainsi porté plainte contre la compagnie israélienne, dans la journée du 29 octobre, et semble bien remonté contre ladite compagnie, indiquant que « l’attaque perpétrée à l’aide du malware, bien qu’elle soit de grande ampleur, ses exécuteurs n’ont toutefois pas réussi à complètement masquer leurs traces ».

Les avocats du réseau social ont indiqué pour leur part que « c’est la première fois qu’une messagerie instantanée entreprend ce genre d’action en justice dans le monde », ce qui « témoigne » bien de la gravité de la situation. Pour bien comprendre ce point, il faut savoir que la plainte de Facebook risque de mettre à la lumière du jour le mode de cryptage utilisé par WhatsApp, afin de justifier son action en justice à l’encontre NSO Group. Le management de la compagnie israélienne a indiqué pour sa part « que nous allons combattre vigoureusement Facebook au tribunal ».

Dans une tentative de « justifier » l’exploitation de son programme, NSO Group a expliqué que son logiciel était surtout utilisé pour « combattre le terrorisme et les enlèvements d’enfants » au sein des pays concernés, dont le Maroc.

Adobe Creative Cloud : 7 millions de données personnelles à l'air libre