PLF 2020 : Le Social sera mis au-devant de la scène

17 Oct 2019 à 19:55 Economie
PLF 2020 : Le Social sera mis au-devant de la scène

La priorité sera donnée aux secteurs sociaux ainsi qu’au développement économique à travers l’investissement, tels sont les piliers du futur Projet de la Loi de Finances (PLF) au titre de l’année 2020.

L’Éducation, l’Emploi et la Santé seront au cœur du PLF 2020, qui vise à apporter un réel changement au tissu économique national. L’objectif pour l’exercice prochain sera de réduire les disparités sociales, afin d’établir une base solide pour le développement économique national dans sa totalité.

Le PLF 2020 a ainsi été adopté, le 17 octobre à Rabat, traçant le chemin pour une croissance prévu de 3,7 % en 2020, réalisable dans le cas où la campagne agricole s’avère positive. En effet, les prévisions indiquent un objectif prévu de 70 millions de quintaux pour la production céréalière, dans un contexte où le prix moyen du baril de pétrole serait de 67 dollars, alors que celui du gaz butane tournerait autour de 350 dollars la tonne.

Cela dit, le social sera, pour une fois, mis en avant les politiques du Gouvernement, selon les propos du Chef de l’exécutif, Saâddine El Othmani, lors de la première réunion du Conseil du gouvernement dans sa nouvelle structure.

Si ces points ne semblent pas méconnus de la scène, cela n’empêche pas qu’ils devraient profiter d’un réel boost dans le cadre du PLF 2020. Dans ce sens, les propos d’El Othmani confirment ce qui a été dressé par le ministère de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaaboun, qui avait indiqué que l’objectif pour l’année à venir serait de porter une attention particulière à l’éducation, l’emploi, la protection sociale et la régionalisation. Dans ce sens, le Chef du gouvernement a indiqué que ces secteurs représentent « une priorité majeure (…), mais des améliorations s’avèrent nécessaires pour que leurs retombées puissent toucher de larges franges de la société, surtout parmi les démunis et la classe moyenne ».

L’ère est au changement

Pour ce qui est de l’éducation et de la formation professionnelle, il s’agira de mettre en place des cités régionales, de moderniser ce secteur vital, ainsi que de proposer des formations adaptées aux besoins du marché du travail.

Cela a pour objectif de réduire le taux de chômage auprès des jeunes diplômés, tout en valorisant leurs compétences, que ce soit au niveau national tout aussi bien qu’à l’étranger.

De plus, et en accord avec l’appel du discours royal, une attention particulière sera portée aux jeunes entrepreneurs, TPE et PME, qui représentent un fort potentiel de développement pour le tissu économique national, si ceux-ci profitent d’un réel accompagnement. La réalisation de ce chantier demande le déploiement d’une infrastructure bien étudiée, offrant possibilités de financement et accompagnement adéquat aux différents profils qui se présenteront auprès des organismes de financement, notamment du secteur bancaire.

La stimulation de l’investissement devrait contribuer à lutter contre le chômage, tout en développant la culture entrepreneuriale auprès des jeunes actifs à la recherche d’un revenu stable.

C’est d’ailleurs dans ce sens que le roi Mohammed VI a appelé Bank Al-Maghrib, le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que le Groupement des banques professionnelles du Maroc à mettre en place un mécanisme, qui puisse servir de base, de référence, de guide et de référentiel pour le développement des projets des entrepreneurs.

L’autre objectif à relever est de mettre en place une stratégie efficace pour garantir la protection sociale des catégories socio-économiques défavorisées. Benchaaboun avait d’ailleurs indiqué dans ce que l’objectif derrière ce chantier serait « l’amélioration et la généralisation des services médicaux, l’élargissement de la couverture médicale et l’opérationnalisation de l’assurance maladie ainsi que la mise en œuvre des engagements du dialogue social, l’amélioration du ciblage des catégories en situation de précarité, le développement progressif des aides directes dont elles bénéficient, l’accélération de la mise en œuvre du programme de lutte contre les disparités territoriales et sociales en milieu rural et l’accompagnement de la troisième phase de l’Initiative nationale pour le développement humain ».

Cet objectif devrait être réalisable à travers la mise en place et la poursuite de la stratégie de maîtrise budgétaire, qui devrait se placer à 3,5 % à fin 2019 (contre 3,7 % une année auparavant). Un objectif qui reste relativement correct, en vue des mesures sociales entreprises durant l’année en cours, notamment pour ce qui est de l’accord du dialogue social, dont le coût s’élève à 14 milliards de dirhams, dont 6 milliards destiné pour l’année en cours.

Pour ce qui est de la régionalisation, il est question de réduire les disparités territoriales, et de garantir un taux de développement plus ou moins égal pour l’ensemble des régions du royaume. Le ministre de l’Économie et des Finances a d’ailleurs indiqué dans ce sens que la concrétisation de ce chantier devrait résulter dans une « augmentation des ressources des régions et l’accélération de la mise en œuvre de la Charte de déconcentration administrative ».

Ce chantier vise par ailleurs à propulser le monde rural vers de nouveaux horizons, au lieu que sa survie reste dépendante de l’activité agricole, ce qui peut impacter aléatoirement la situation économique des ménages qui en dépendent.

Ainsi, le Chef du gouvernement a indiqué qu’à travers l’initiation du chantier de la régionalisation, l’exécutif disposera d’« une carte détaillée pour la mise en œuvre effective de la décentralisation conformément aux dispositions de la Charte de la décentralisation administrative », rajoutant que la réforme des Centres Régionaux d’Investissement (CRI) est « une autre priorité fixée par le gouvernement ».

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