Tunisie: Kais Saied, après l’euphorie…le casse-tête

16 Oct 2019 à 12:52 Monde
Tunisie: Kais Saied, après l’euphorie…le casse-tête

Kais Saied, le nouveau président tunisien aura du pain sur la planche. Après l’euphorie de l’élection, place au casse-tête des tractations pour la formation d’un gouvernement en vue d’obtenir la confiance du Parlement. Le chef de gouvernement devrait être nommé d’ici le début de l’année prochaine.

Le nouveau président élu avec 72,71% des voix devra désormais faire face à la réalité du terrain. A présent son prochain gouvernement devra recueillir une majorité (109 voix minimum) lors d’un vote de confiance à l’Assemblée. Mais la tâche s’annonce compliquée.

Et pour cause, il n’y a pas de coalition majoritaire qui semble se dégager, mais une chose est certaine, Kais Saied seul et sans parti derrière lieu, n’aura d’autre choix de composer avec le parti d’inspiration islamiste d’Ennahda dont l’électorat a massivement voté pour lui et contre Nabil Karoui, dont le parti arrivé en deuxième position aux élections législatives est déjà passé à l’opposition.

Le dirigeant d’Ennahda, Rached Ghanouchi a déjà fait savoir que le Premier ministre devrait logiquement être issu de son parti. Actuellement le parti islamiste tente de trouver des alliés chez toutes les formations politiques sauf le PDL « pour son caractère fasciste » et avec Qalb Tounes (le parti de Nabil Karoui), « pour les suspicions de malversation financières qui l’entourent », a indiqué Khalil Barâoumi, un membre d’Ennahda dans une interview télévisée sur la chaîne Attssiaâ.

Fort de ses 52 sièges, le parti Ennahda est bien parti pour être le réel gouvernant dans ce prochain gouvernement grâce à sa dominance numérique, mais les petits partis, nécessaires pour former une majorité pourraient se montrer les plus exigeants puisqu’ils s’imposent d’eux-mêmes pour combler les sièges vides.

Seulement, le nouveau président tunisien n’a pas donné son dernier mot, malgré le fait qu’il ne soit appuyé d’aucun parti et ses prérogatives limitées à la défense et à la diplomatie. Kais Saied compte en effet proposer des lois.  « Je proposerai des lois au parlement. Ceux qui les refusent devront assumer la responsabilité politique de leur refus », a-t-il prévenu lors du débat télévisé précédant le scrutin.

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