Les éboueurs de la capitale en grève

14 Oct 2019 à 15:01 Société
Les éboueurs de la capitale en grève

Une centaine d’éboueurs de la société Derichebourg ont manifesté ce lundi 14 octobre devant la Wilaya de Rabat. À l’appel du syndicat de la Confédération générale du travail (CGT), les agents de propreté de la société Derichebourg observent un débrayage de cinq jours à Rabat à savoir le 10, 11, 12, 13 et ce 14 lundi octobre qui se poursuivra jusqu’au mardi 15 octobre et qui risque de se prolonger si la Wilaya et la société délégataire ne réagissent pas à leurs revendications, notamment un salaire digne du travail qu’ils font et un matériel convenable.

Photo : Souhail Rmidi

« On vit des abus au quotidien, une guerre froide au travail et une discrimination salariale ce qui nous a poussés à manifester aujourd’hui. La direction de Derichebourg ne donne pas suite à notre demande et la Wilaya ne réagit pas à notre dossier revendicatif. C’est pour cela que nous tenons un sit-in pacifique ce lundi 14 octobre pour militer pour nos droits. On a un seul but, c’est que notre situation soit réglée et qu’il n’y ait pas de discrimination salariale. Le travail reste un devoir et on le sait. Mais les responsables de Derichebourg et de la Wilaya doivent interagir avec nos revendications et nous accorder nos droits »,  a déclaré à Hespress Fr Redouane l’un des employés de la société Derichbourg.

Les conditions de travail au sein de la société délégataire sont « catastrophiques », poursuit notre interlocuteur, précisant que les employés de la société ne disposent pas du matériel nécessaire pour effectuer leur travail correctement.

« La société ne dispose pas des équipements et matériels nécessaires pour qu’on puisse travailler correctement. Santé et sécurité ne sont autres que des paroles écrites sur le papier, mais qui n’existe pas en réalité au sein de la société Derichebourg. Tout cela et plus nous a poussés à entrer en grève et manifester devant la Wilaya pour faire entendre notre voix aux responsables. Et on espère trouver une réaction favorable à nos revendications légitimes »,  martèle Redouane.

Photo : Souhail Rmidi

Ainsi, les agents de propretés de la société délégataire Derichebourg réclament à cette dernière, « le versement des salaires à temps à savoir le premier de chaque mois, l’unification des salaires, l’augmentation des salaires à hauteur de 20% selon l’article 350, l’augmentation de la prime mensuelle sur le lait- saleté-qualité-transport, l’augmentation des primes d’Aid Al Adha et de fin d’année« .

Mais pas que ! Les éboueurs demandent pareillement à leur société la possibilité de profiter « des indemnisations sur les heures supplémentaires de travail de nuit comme stipulé dans le code de travail, la prime de risque (200 dhs), prime de rendement (260 dhs), prime du 1er mai (fête du Travail), la retraite complémentaire, la prime de la rentrée scolaire (200 dhs pour chaque enfant) et celle de la fête d’Achoura, et qu’ils puissent avoir leur bulletin de paie le deuxième jour du virement de salaire« .

Selon Moussa Quadi, secrétaire local du syndicat de la CGT, « plusieurs lettres ont été envoyées à la direction de Derichbourg » où les éboueurs ont fait part de leur revendication, « mais sans aucun retour ». Même chose pour la Wilaya, avec qui les agents de propretés ont fini par avoir une réunion qui s’est bien passée. « Mais depuis, silence radio », relève Moussa.

 Photo : Souhail Rmidi

« On veut que ces responsables répondent à nos revendications. On s’occupe de la propreté de la capitale, et malgré ça on est opprimé et le salaire est médiocre, le matériel est indisponible. La moindre des choses c’est qu’on ait un salaire convenable. C’est nous qui nous occupons de la ville des lumières et de sa propreté comme l’a toujours voulu le roi Mohammed VI. On veut que cette ville soit la plus propre et la ville des lumières au vrai sens du terme. Ces gens qui manifestent aujourd’hui sont à l’origine de la propreté de la ville des lumières », déplore notre interlocuteur.

Et de souligner à Hespress Fr que « si les responsables ne répondent pas à nos revendications légitimes, nous poursuivrons notre grève. Parce que de toutes les manières, les conditions de travail ne nous conviennent pas, ce que nous réclamons depuis des mois, et leur salaire non plus ».

Pour Bouayane Abdelmjid, agent de propreté au sein de la société Derichebourg qui a consacré toute sa vie au secteur de la propreté, il ne connaît aucun autre métier à part celui-ci.

« C’est ce travail qui m’a permis de survivre et d’élever mes enfants, mais je vis dans la misère parce que le salaire est médiocre. Il y a des employés avec nous qui louent à 2.000 dhs une maison familiale. Est-ce que vous pensez que le salaire de 2.700 dirhams va leur suffire avec toutes les charges qu’il a à côté ? On est prêt à travailler, et on le veut. Chaque fois on nous dit, demain on va vous accordez vos droits, mais au final on n’obtient rien. Que des promesses en l’air qu’on ne veut plus entendre. On veut des promesses qui soient tenues et qui honorent ces employés. Parce que c’est grâce à ces employés que la ville est propre. On ramasse les ordures des gens en silence depuis des années sans jamais rien demander. Mais aujourd’hui on parle pour nos droits que nous méritons comme n’importe quel citoyen marocain qui travaille dans le secteur de la propreté »,  conclut-il au micro de Hespress Fr.

Photo : Souhail Rmidi

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