Discrimination : La réalité du quotidien des musulmans de Sebta et Melilla

12 Oct 2019 à 10:56 Société
Discrimination : La réalité du quotidien des musulmans de Sebta et Melilla

Dans un rapport inédit, l’Association marocaine des droits et libertés religieuses s’est penchée sur le statut des minorités musulmanes et de la liberté de culte dans les enclaves espagnoles de Sebta et de Melilla. Irrégularités, racisme, accès difficile à l’éducation, le rapport décrit le calvaire des Marocains musulmans résidant dans les deux villes du nord du Maroc. 

Alors que 38 % des habitants de Sebta et Melilla sont d’origine marocaine, amazighe, arabe ou algérienne, selon le rapport, en plus d’un important nombre de demandeurs d’asile, leurs libertés religieuses sont compromises, indique la publication de l’association présenté devant la presse, notant que ces minorités trouvent, en outre, du mal à accéder au marché du travail et sont confrontées au racisme.

Citant les nombreux dysfonctionnements dans les présides occupés, la publication indique que la Constitution espagnole protège la liberté de religion, stipule que le gouvernement se doit de tenir compte des convictions religieuses de la société, mais le gouvernement espagnol n’est lié avec un accord de coopération qu’avec l’Église catholique romaine et le Saint-Siège, qui leur procurent des avantages, laissant en marge d’autres minorités religieuses telles que les juifs, les musulmans ou encore les protestants.

Un accès à l’éducation non équitable

Au sein du système éducatif, plusieurs groupes de musulmans et des associations luttent pour qu’un enseignement religieux soit dispensé, en respect des conditions légales. Seulement le ministère de l’Éducation et le gouvernement local des deux enclaves espagnoles font la sourde oreille.

De plus, l’association affirme que « seuls les enfants musulmans souffrent d’abandon scolaire et les parents disent que les autorités éducatives expulsent leurs enfants lorsqu’ils atteignent le niveau de collège », mettant ces enfants dans l’incapacité d’accéder aux établissements d’enseignement supérieur, freinant par ailleurs leur intégration dans la société.

Le rapport pointe également du doigt la situation d’irrégularité qui touche un certain nombre de ressortissants non espagnols, car privés de carte d’identité nationale. Victimes de discrimination, les non-Espagnols vivant à Sebta et Melilla se voient refuser leur droit au travail et l’accès aux emplois gouvernementaux, aux aides, et l’accès à la propriété. Selon le gouverneur de Melilla, le taux de chômage chez les musulmans de cette ville serait de 60 %.

Répression religieuse

Des groupes de musulmans vivant dans les présides occupés affirment que le gouvernement espagnol « bloque » l’établissement (construction et financement) de mosquées invoquant des « raisons politiques ». Pourtant, les quelques mosquées que comptent les deux villes souffrent de surpopulation, et les autorités délivrant les autorisations de construction de mosquées n’expliquent pas les motivations de leurs refus.

Selon des habitants des enclaves espagnoles, ces discriminations envers les musulmans seraient des actes revanchards, « une punition collective » après l’implication de certains musulmans dans des affrontements violents entre les autorités locales et la population. Cette forme de discrimination aurait déjà été qualifiée de « confrontation entre chrétiens et musulmans », affirme le rapport.

À cause de ces dysfonctionnements et ces traitements envers les minorités musulmanes considérées comme racistes, l’Association marocaine des droits et libertés religieuses a appelé le gouvernement espagnol à respecter le droit de culte des musulmans, notamment des élèves non chrétiens qui devraient avoir le droit de s’abstenir des leçons religieuses contraires à leur foi.

L’association a également souhaité que les autorités espagnoles cessent d’expulser arbitrairement de l’école, les enfants musulmans ayant atteint le niveau du collège, et de favoriser l’accès équitable en matière d’emploi notamment les emplois dans la police, l’armée, les postes ministériels supérieurs et conseils municipaux.

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