Classes préparatoires : privés des grandes écoles, les étudiants crient leur colère

11 Oct 2019 à 08:09 Education
Classes préparatoires : privés des grandes écoles, les étudiants crient leur colère

Une catégorie des étudiants des classes préparatoires du Maroc est furieuse vis-à-vis du « mépris et de l’ignorance » dont elle s’estime l’objet, outre « l’absence réaction des ministères concernés ». Il s’agit des étudiants de la filière Economie et Commerce, options Technologie (ECT) et Sciences (ECS), qui se sont vues privées des écoles qui leur étaient attribuées telles que l’INSEA ou encore l’ESITH.

Ainsi, cette catégorie d’élèves, qui comptent parmi les meilleures au Maroc, a observé une grève tout au long de cette semaine ainsi qu’un sit-in, ce mercredi 9 octobre, devant le Centre national d’innovation pédagogique et d’expérimentation (CNIPE) qui gèrent leur filière.

Jointe par Hespress Fr, une étudiante au lycée technique Errazi d’El Jadida, filière ECT nous a expliqué que « les étudiants ont saisi le directeur du CNIPE par écrit pour signaler leur mécontentement face à la marginalisation et lui faire part de leurs revendications ».

Comme exprimé sur le document adressé au directeur du CNIPE en date du 7 octobre (date du début de leur grève) et dont Hespress Fr détient une copie, les étudiants de cette branche des classes préparatoires réclament la possibilité d’intégrer l’INSEA (Institut National de statistiques et d’Économie Appliquée) pour les filières de l’option technologique, dont la formation est en adéquation avec ce que propose l’institut.

Sit-in à la ville de Nador

Ils réclament également la publication d’une liste d’attente pour le CNAEM en vue de créer une transparence concernant les opportunités que peuvent avoir certains étudiants ainsi que l’augmentation de nombre de dossiers pour passer le concours français au Maroc.

Et enfin, ils exigent de leur tutelle d’avoir l’opportunité d’accéder à l’école Mohammedia des Ingénieurs et précisément la branche d’ingénierie financière puisque c’est une branche étroitement liée au cursus pré-acquis aux classes préparatoires économiques ainsi que l’augmentation du nombre de places pour accéder à l’ISCAE afin d’assurer plus de chances aux étudiants.

Lors de la grève entamée par les étudiants des classes préparatoires, notre interlocutrice nous a indiqué que les étudiants du lycée technique Errazi d’El Jadida ont subi un harcèlement moral et verbal de la part du directeur du lycée.

Sit-in au Lycée Technique Errazi d’El Jadida

« Quand on a organisé des sit-in pacifiques au sein du lycée, le directeur a interdit à plusieurs élèves de sortir de l’internant voire même d’accéder au réfectoire pour manger. Il nous a même menacés d’expulsion si on poursuit notre grève et notre sit-in alors qu’on ne dérangeait personne. On ne faisait que réclamer nos droits« , a-t-elle déclaré à Hespress Fr.

Et d’ajouter « Hier, alors qu’on devait tenir un sit-in devant le CNIPE, il a à nouveau interdit à plusieurs étudiants de sortir de l’internat ».

Centre de Marrakech

Ce mouvement de colère ne se limite pas uniquement aux étudiants des classes préparatoires des filières ECT et ECS.  Les étudiants des classes préparatoires physiques et sciences de l’ingénieur (PSI) réclament également au ministère de l’Enseignement supérieur l’augmentation des nombres de places au sein des grandes écoles.

Photo : Mounir Mehimdate

En grève nationale depuis une semaine, les étudiants des classes préparatoires ont également tenu ce jeudi 10 octobre un sit-in devant le Parlement à Rabat pour faire valoir leurs droits.

« On nous a accordé plusieurs places dans et l’ENSAM et d’autres écoles qui ont une seconde importance. Pour les grandes écoles comme l’EMI et l’ENSEM ils nous ont accordé des places limitées par rapport aux étudiants MP (Mathématique-Physique). On est ici pour revendiquer notre droit alors que nous avons la même formation que les MP, mais nous sommes marginalisés par rapport à eux », a déclaré à Hespress Fr un étudiant qui manifesté devant le Parlement.

Photo : Mounir Mehimdate

« On est ici aujourd’hui pour faire entendre notre voix aux responsables pour qu’ils sachent que notre filière PSI est marginalisée. On souffre, car nous n’avons pas beaucoup de filières après le bac et certaines écoles sont post-bac et ce n’est pas quelque chose qui est difficile après les prépas. On a une formation très difficile par rapport aux MP (Math-physique). En France par exemple notre filière a de l’importance, mais au Maroc ce n’est pas le cas. On exige d’avoir une équivalence avec la filière MP « ,  a conclu une autre étudiante des classes préparatoires option PSI lors de cette manifestation.

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