Conjoncture : La tendance à la baisse se confirme une fois de plus, dans un contexte de hausse des prix

09 Oct 2019 à 19:30 Economie
Conjoncture : La tendance à la baisse se confirme une fois de plus, dans un contexte de hausse des prix

L’année 2019 a été marquée par un recul de la croissance économique, qui s’est établi à 2,4 % au troisième trimestre 2019, contre 2,5 % une année auparavant. L’agriculture n’a pas a été au haut de sa forme, dans un contexte où les prix à la consommation ont progressé face à un pouvoir d’achat qui est resté le même. Cela dit, les prévisions laissent à penser que l’année 2020 devrait être plus clémente.

Il n’y a nul besoin de cacher la vérité. Le secteur agricole est passé par une mauvaise passe au titre de la campagne 2018-2019. La valeur ajoutée agricole a affiché un recul de 2,6 % au T3 2019. Cela est dû aux faibles performances enregistrées au niveau de l’activité céréalière, qui a été impactée par une pluviométrie faible et aléatoire. Cela dit, les activités hors agricultures, notamment le fourrage, l’arboriculture et l’élevage ont compensé les performances du secteur pour ladite période, en témoigne la valeur ajoutée de 3,2 % enregistrée à ce niveau au T4 2019.

Toutefois, il est à noter que la demande locale s’est maintenue à un niveau « correct », surtout que les prix de l’orge, de l’oignon et des tomates ont enregistré une hausse, malgré une production faible. De plus, certaines cultures, notamment les melons et pastèques, agrumes et fruits rouges, ont connu une forte demande de la part de l’étranger. Les exportations à ce niveau auraient triplé au T3 2019 par rapport au T3 2018.

Cela dit, l’économie marocaine a subi les effets d’une demande étrangère en recul sur ses produits. Selon les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), cette situation est le résultat des stratégies protectionnistes adoptées par l’Europe avec le Brexit, ainsi que des USA, où le POTUS 45, Donald Trump, cherche par tous les moyens à relancer l’économie de son pays face à la « menace » chinoise. Ainsi la demande mondiale adressée au Maroc se serait établie à 1,6 % au T3 2019, contre 4,9 % une année auparavant. Cela dit, les exportations nationales auraient progressé de 8,8 %, évolution poussée par les secteurs de l’aéronautique, de l’agriculture et du textile. Le secteur automobile a pour sa part été impacté par un repli des ventes en Europe et en Chine.

Pour ce qui est des importations, celles-ci se sont établies à la baisse à 1,2 %, se maintenant toutefois à un niveau correct. Cette situation s’explique par une baisse au niveau des acquisitions des biens énergétiques et des produits bruts. Cela dit, une hausse a été notée au niveau des importations des biens d’équipement, des demi-produits ainsi que de consommation, poussée par la demande intérieure.

À la lumière de ces indicateurs, il est à noter que le déficit de la balance commerciale s’est allégé de 7,3 %, dû aux exportations en hausse par rapport aux importations. Dans ce sens, le taux de couverture s’est établi à 57,4 % au T3 2019.

Toutefois, il est à noter que le pouvoir d’achat des ménages a subi les effets d’une hausse des prix à la consommation pour ladite période. Ceux-ci ont affiché une progression de 0,6 % au T3 2019, contre 0,2 % au T3 2018. Cela se reflète notamment par une hausse de 0,3 % du prix des produits alimentaires pour ladite période, contre une baisse de 0,8 % une année auparavant. Dans ce sens, il est à noter que la progression la plus notable a concerné le prix des légumes frais, qui aurait contribué pour +0,5 point à la hausse de l’indice global. Les prix à la consommation des produits non alimentaires auraient, à l’inverse, affiché une légère décélération de leur rythme de croissance, progressant de 0,8 %, résultant de la baisse des prix des carburants.

De plus, ce contexte fait que les crédits à la consommation ont affiché une progression de 4,8 %, renforçant la position de la consommation finale des ménages en tant que principale soutient de la croissance économique nationale.

Concernant le secteur du BTP, la tendance baissière a été une fois de plus confirmée. Cela résulte d’une demande quasi absente, se traduisant par une baisse de 8 % des transactions au T2 2019, alors que les crédits alloués à la promotion immobilière ont reculé de 0,6 %.

Cela dit, les prévisions des professionnels des différents secteurs d’activité, ainsi que les données présentées par le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que Bank Al-Maghrib laissent à penser que l’année 2020 sera celle de la relance de l’économie nationale. Celle-ci devrait connaitre un réel essor pour ce qui est de l’activité industrielle, qui devrait soutenir les performances de l’agriculture nationale.

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